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Chronologie des mesures prises par le gouvernement japonais pour lutter contre la propagation du Covid-19 - Numéro 3

Le 01/10/2020 0

Dans Chronologie

Du 1er septembre 2020 au 1er avril 2021

Par Adrienne Sala
mise à jour le 05/01/2021

Le 1er septembre 2020un premier groupe de travail est organisé dans le cadre des sous-commissions dédiées aux mesures de lutte contre la Covid-19, et porte sur les questions liées à la protection des données privées, la discrimination et les préjudices subis par des personnes contaminées par la Covid-19 (voir rubrique « publications officielles »). Les résultats sont ensuite discutés par les membres de la sous-commission dédiée aux mesures de lutte contre la Covid-19 afin que des mesures soient appliquées en coordination avec les gouvernements locaux, les centres d’aide et de consultation, les entreprises et les médias. Les problèmes de discrimination à l’égard des personnes contaminées font l’objet de discussions depuis le début de l’épidémie, évoquées par les membres du comité scientifique dès le 8ème comité (19/03/2020). L’importance de traiter ces problèmes est discutée lors du 12ème comité scientifique (1/05/2020) dans le cadre de l’application des mesures de lutte et de prévention contre la Covid-19 sur la longue durée. La prévention des discriminations à l’égard des personnes contaminées fait donc partie des objectifs suivis par la politique de gestion de la crise liée à la Covid-19 et qui se traduit par un effort de communication et de pédagogie pour renforcer la coopération entre le gouvernement, les médecins, les médias et les citoyens.

Le 4 septembrela sous-commission dédiée aux mesures de lutte contre la propagation de la Covid-19 se réunit pour la huitième fois. La tendance à la baisse du nombre des nouvelles contaminations et des hospitalisations se poursuit. Le maintien des cinq mesures phares permet de prévenir la reprise des contaminations en gardant un niveau de vigilance élevé dans les restaurants, les bars et les karaoke entre autres.  Les conditions de lancement de la campagne « Go to eat » sont précisées. Cette campagne a pour objectif de soutenir les acteurs de la restauration en conciliant les mesures de prévention du risque de contamination. Elle s’insert dans la campagne « go to Travel » pour soutenir le tourisme intérieur et l’économie des régions étant donné que Tokyo n’était pas incluse dans les destinations à cause du niveau de risque lié aux nombres de contaminations. Enfin, les mesures préventives face à la grippe saisonnière sont expliquées en coordination avec l’Advisory Board.

Le 11 septembrele neuvième compte-rendu de la sous-commission dédiée aux mesures de lutte contre la Covid-19 est publié. La tendance baissière du nombre des nouvelles contaminations est confirmée en grande partie grâce aux mesures prises dans les lieux à risques comme les restaurants et les bars (application d’un couvre-feu à 22h, vigilance renforcée à l’égard des clients (prise de température, port du masque, solution hydro alcoolique, cloison entre les tables, coopération des clients pour éviter de parler à voix haute, etc.). Le nombre de cas dont les voies de contamination n’ont pas pu être identifiées est de 50,8% et de 59,6% à Tokyo, en baisse par rapport à la semaine précédente. Le nombre d’hospitalisation est également en baisse au niveau national mais reste encore élevé dans certaines préfectures (Tokyo, Okinawa). Le ratio de cas positifs par rapport au nombre de tests réalisés est de 2,9 %, en baisse par rapport à la semaine précédente. Le rapport précise qu’il est nécessaire de continuer d’appliquer les mesures de prévention de base (mesures liées aux « 3c », port du masque, distanciation physique, ventilation des lieux, mesures spécifiques dans les établissements de santé et enquêtes épidémiologiques). Les lieux à haut risque comme les restaurants et les bars continuent de faire l’objet d’une vigilance renforcée. Conformément aux mesures décidées par le « Siège » lors du 42ème comité (28/08/2020), le système de dépistage continu d’être étendu, les établissements médicaux et les systèmes de santé font l’objet de mesure de soutien prioritaire. L’obligation d’hospitalisation des personnes contaminées selon la loi sur les Maladies infectieuses fait l’objet d’un groupe de travail spécifique au sein de l’advisory board. 
Dans le but de lancer la campagne « Go to » à l’ensemble du pays, la sous-commission organise un groupe de travail dédié aux mesures de prévention ciblées. Ce groupe de travail comprend trois sous-groupes composés d’experts, des organisations professionnelles, et d’organisations publiques régionales, chargés de l’analyse des mesures de prévention contre la Covid-19 appliquées dans les « quartiers des plaisirs » en coordination avec les membres de la sous-commission.

Le 25 septembre, le dixième compte-rendu de la sous-commission dédiée aux mesures de lutte contre la Covid-19 est publié. Le nombre des nouvelles contaminations et des hospitalisations a baissé par rapport à la semaine précédente, ainsi que le nombre de cas dont les voies de contamination ne sont pas identifiées. Suite au lancement des campagnes « Go to » les lieux qui font l’objet de la campagne sont soumis à une vigilance renforcée et un suivi continu par les équipes rattachées au deuxième groupe de travail en coordination avec la sous-commission. 
À l’issue de cette 10ème sous-commission, les membres ont émis des recommandations pour le gouvernement central. Ces recommandations concernent en priorité les conditions nécessaires pour concilier une politique de prévention contre la Covid-19 et une politique économique et sociale dans le contexte de crise sanitaire telles que la diffusion d’une communication ciblée sur les comportements à risques, le renforcement des enquêtes épidémiologiques afin d’identifier tous les clusters (même petits) et adapter des mesures adéquates rapidement.

Le 25 septembre, le compte-rendu de la 43ème réunion du Siège pour les mesures de lutte contre la propagation de la Covid-19 est publié. Le ministère de la santé, du travail et des affaires sociales déploie un fond de réserve de  1,6 trillion de yens destiné aux mesures de prévention face à la Covid-19 et à la grippe saisonnière dont un renforcement du système de santé et médical, et des capacités de test de dépistage. Le rapport reprend en grande partie le compte-rendu de la 10ème sous-commission.

Le 29 septembre, le deuxième groupe de travail dédié aux mesures de lutte contre la Covid-19 dans « les quartiers des plaisirs » des mégapoles (voir rubriques officielles) publie les résultats de plusieurs recherches effectuées dans différents quartiers considérés à risques pour cibler au maximum les mesures préventives. La coopération avec les citoyens fait également l’objet d’une étude spécifique qui reprend notamment le concept de risk communication diffusé par l’OMS dés le mois de mars 2020.

Le 1er octobre, le gouvernement japonais a assoupli les restrictions sur l’entrée des étrangers sur le territoire. Cette levée des restrictions concernent les voyages d’affaires, les étudiants et universitaires et les échanges dans le domaine médical et de la santé, mais ne s’applique pas aux touristes.

Le 15 octobre, à l’issue de la 11ème sous-commission, des recommandations sont publiées sur la base des analyses réalisées en coordination avec les membres de l’advisory bord réunis le 13 octobre (voir rubrique publications officielles). Selon le rapport, si aucune hausse rapide et généralisée n’est observée, aucune baisse significative n’est également observable. La hausse des cas serait causée par les déplacements inter et intra régions pendant les jours féries témoignant d’un désir de « retourner à une vie normale ». Les dynamiques sociales qui en découleraient seraient à l’origine de la formation de nouveaux clusters. Parallèlement, la baisse des cas de contamination observée dans certaines préfectures témoignerait de l’acceptabilité sociale à l’égard des lieux et des comportements qualifiés de risqués. L’expérience acquise permettrait également de faire face à l’émergence de nouveaux clusters par l’adoption des mesures adéquates. Cependant une incertitude demeure quant au maintien sur la longue durée de l’équilibre entre ces deux situations.
Une communication claire et facile à comprendre sur les comportements à risques est recommandée sur la base des résultats obtenus par l’analyse précise des clusters par les équipes d’experts. L’efficacité liée à l’identification rapide des clusters est rappelée pour lutter contre la propagation de l’épidémie. Les différences de situation sanitaire entre les préfectures et les régions devraient également faire l’objet d’une communication précise et coordonnée entre les gouvernements locaux et le gouvernement central afin de faciliter la prise de mesures efficaces.

Le 23 octobre, le rapport de la 12ème sous-commission est publié.  La nécessité de faire une analyse rétrospective sur les mesures adoptées depuis 6 mois dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19 est mentionnée pour préparer au mieux l’arrivée de l’hiver. Dans cet objectif  une  grande enquête est réalisée au niveau national portant entre autres sur l’analyse des clusters par régions et les mesures adoptées (résultat, difficultés rencontrées, enseignements tirées, etc.), l’application empirique des 7 situations à risques, les systèmes d’information liés au cluster, etc.
(https://www.cas.go.jp/jp/seisaku/ful/bunkakai/kongo_kento_12_2.pdf)
Une partie de l’enquête est réalisée auprès des collectivités locales, et les réponses reçues ont permis d’approfondir une partie des mesures appliquées au niveau national. Par exemple : effectuer des tests pour les personnes contact le plus tôt possible, qu’ils présentent ou non des symptômes. L’accès au test pour les personnes dont  la santé est fragile doit être facilité. L’analyse des clusters par régions a rappelé qu’il était nécessaire d’améliorer la diffusion des informations (notamment pour les communautés étrangères). Le partage des informations issues des clusters locaux permettrait de mieux réfléchir aux mesures à adopter au niveau national. Un système de partage et de diffusion des informations centralisé fait l’objet de réflexion pour permettre un meilleur accès aux informations aux organisations de recherche dans le secteur de la santé et au gouvernement central.
Lors de la sous-commission du 25 septembre les participants avaient publié les «7 recommandations » pour éviter la formation de cluster. Dans le cadre de ce rapport,  il est question  de « 5 recommandations » issues d’une analyse des comportements à risques. 1/ le risque de contamination est élevé dans les restaurants et les bars où l’atmosphère festive peut contribuer à une baisse de la vigilance ; 2/ les discussions longues dans les lieux confinés (bars et restaurants) augmentent le risque de contamination ; 3/ si ces rencontres ont lieu sans masque, le risque de contamination est accru. Il est nécessaire de garder le masque dans les transports en commun mais aussi dans les voitures individuelles ; 4/ les espaces exiguës (chambres, sanitaires) sont des lieux de contamination. ; 5/ les espaces dédiées aux pauses (fumoirs, salle de détente, etc.) sont des lieux de contamination. Sur la base de ces observations, il est donc recommandé de raccourcir la durée des échanges dans les restaurants et les bars, de limiter le nombre de convives et de limiter les sorties avec des personnes fréquentées régulièrement, surveiller la quantité d’alcool consommée et porter un masque au cours des discussions. Le niveau de connaissance de plus en plus précis est le résultat des groupes de travail (working group) dédié à l’analyse des comportements spécifiques dans les restaurants et les bars  (voir « rubriques publications officielles »).
Les membres de la commission émettent les recommandations suivantes pour le gouvernement en  vue des congés de fin d’année : 1/étaler la période des congés, 2/ coordonner les mesures de lutte contre le covid-19 avec la réforme sur la manière de travailler, notamment pour les congés et les horaires aménagés de travail, 3/communiquer auprès des citoyens sur les 5 recommandations relatives aux rassemblements sociaux impliquant la consommation d’alcool dans les lieux communs (restaurants et bars), les discussions sans port de masque, les activités de groupe et les exercices physiques qui impliquent un effort respiratoire élevé.

Le 29 octobre 2020,  lors de la 13ème sous-commission, il  est rappelé que depuis le mois d’octobre une légère hausse des cas est observée, surtout dans les régions du nord du Japon (Hokkaido, Tohoku) mais aussi à Okinawa. Cette hausse pourrait s’expliquer par le maintien dans les métropoles comme Tokyo d’un certain niveau de contamination et l’apparition de nouveaux clusters dans certaines régions. A cela s’ajoute une augmentation des déplacements. Les clusters sont surtout identifiés dans les quartiers de divertissements, les lieux de travail et les communautés étrangères. La crainte d’un déséquilibre entre une tendance baissière et une tendance haussière est de plus en plus grande.
Le retard dans l’application des mesures de prévention serait lié à la difficulté de détecter les nouveaux clusters(dépistage tardif dans les hôpitaux et les établissements sociaux qui n’avaient pas suffisamment d’expérience, et groupes difficiles à cibler comme les jeunes et les communautés étrangères).
Pour éviter la propagation de l’épidémie dans les régions, une analyse des causes et des facteurs d’émergence des clusters est nécessaire à la prise de mesures rapides, en parallèle de la préparation des établissements de santé et des hôpitaux (cette prise de conscience avait donné lieu aux groupes de travail spécifiques dont les analyses étaient rapportées par la sous-commission du 24 août (7ème comité).
À l’issue des deux premières vagues, les quartiers de divertissement des grandes villes sont identifiés comme les « points vitaux » de la propagation du virus. Il est donc nécessaire de renforcer les mesures dans ces lieux pour contrôler l’épidémie tout en trouvant un équilibre entre les mesures de prévention et le maintien des activités économiques et sociales.
Par exemple, l’analyse des facteurs de la propagation de l'infection en juillet et en août a montré que le nombre de personnes infectées avait d'abord augmenté à Tokyo, puis s’était étendu à d'autres préfectures d’abord dans la région métropolitaine de Tokyo, puis ensuite aux préfectures d'Osaka, de Fukuoka et d'Aichi avec un certain décalage dans le temps. Les analyses de l'Institut national des maladies infectieuses (NIAID) ont également révélé que la propagation de l'infection provenait de Shinjuku.
Selon le rapport publié par le groupe de travail du mois d’octobre relatif aux lieux de divertissement des grandes villes, une analyse ciblée des clusters par quartier a été réalisée dans chaque grande ville où le niveau de contamination fut considéré comme élevé (Minami Osaka, Sukino Sapporo, Kabukicho Shinjuku, Sakae Nagoya, Nakasu Fukuoka). A l’issue de l’analyse, une détection précoce des cas de contamination et la réalisation de tests ciblés permettraient de diminuer le nombre de cas positif. Cette hausse peut aussi être inversée par la réduction des heures d’ouverture(en soirée) dans des zones spécifiques. Ces mesures ciblées sont privilégiées aux mesures générales qui ont un impact économique délétère.
En outre, la charge de travail des centres de santé publique augmentant pendant la période de propagation de l'infection, il est nécessaire de préparer un système de soutien en coopération avec le gouvernement national, les préfectures et les universités pour mettre en œuvre des mesures telles que des tests PCR ciblés.

Le 9 novembre, suite à la 14ème sous-commission, en coordination avec l’Advisory Board, plusieurs nouvelles recommandations sont publiées à l’attention du gouvernement. Le nombre de clusters augmentant, le rapport mentionne plusieurs actions majeures pour prévenir l’épidémie tout en maintenant les activités économiques : 1/ l’augmentation de clusters difficiles à identifier pour les raisons suivantes : communautés étrangères, groupes hétérogènes, 2/ activités extra scolaires des étudiants, 3/ personne-contact au sein de groupes difficiles à retracer. Les mesures à suivre doivent se baser sur les préconisations du rapport du 29/10 (13ème comité) s’inspirant grandement des expériences tirées des mesures de prévention élaborées dans le cadre de l’épidémie de HIV au niveau local, prévoyant une coordination accrue entre la société civile organisée en ONG, et en community center, et des bénévoles qui jouent un rôle d’intermédiaire avec le gouvernement.
Pour les étudiants, la contamination se ferait en dehors des classes, ce qui rend le dépistage difficile. Une communication renforcée grâce aux intermédiaires est valorisée (centre de santé, université, etc.), dans les entreprises ce sont les médecins du travail qui sont mobilisés pour informer les travailleurs (la contamination se fait surtout en dehors du travail pendant les temps de pause).

Le 12 novembre, lors de la 15ème sous-commission, M. Nishimura et M. Tamura soulignent l’évolution inquiétante de la situation sanitaire proche du niveau de contamination des mois de juillet-août et qui correspond à la deuxième vague épidémique. L’apparition de nouveaux clusters au sein de groupes difficiles à cibler comme les jeunes et les communautés étrangères pose de nombreux problèmes en terme de communication (langue, média, discours, actions, etc.). Selon les experts, depuis février et mars, si le changement de comportement des personnes d’âge moyen et des personnes âgées est notable, les comportements préventifs chez les jeunes semblent plus difficiles. Plusieurs participants ont souligné à la fois la nécessité d’appliquer des mesures au niveau national (et pas seulement local), et que le gouvernement central renforce sa communication du risque par une diffusion des informations au public. Des mesures de prévention et d’action doivent être mises en œuvre par le gouvernement central, soutenues par des aides financières et des subventions pour aider notamment les restaurateurs à installer des panneaux de protection sur les tables afin de permettre le maintien des activités socioéconomiques dans la mesure du possible. La hausse inquiétante des suicides a également alerté les participants sur les risques psychosociaux entraînés par un isolement social prolongé surtout chez les personnes âgées.

Le 20 novembre, le rapport de la 16ème sous-commission mentionne le passage au stade 3 d’un certain nombre de préfectures où la diffusion du virus est rapide et difficile à contrôler. Le rapport insiste sur le besoin urgent d’appliquer des mesures fortes qui soient accompagnées d’une communication ciblée et pédagogique de la part du gouvernement central. Si la situation se poursuit sans changement, des conséquences substantielles sur le plan économique et de l’emploi sont à prévoir. Trois facteurs principaux sont mentionnés : le manque de communication efficace et la difficulté d’accéder à certains groupes comme les jeunes ;  la hausse de clusters difficiles à identifier (personnes asymptomatiques ou avec de faibles symptômes) ; l’équilibre délicat et difficile entre l’application de mesures de prévention contre la diffusion du virus et le maintien des activités économiques.
Les recommandations suivantes sont faites au gouvernement : 1/ limiter les horaires d’ouverture des restaurants et des bars pendant trois semaines, restrictions volontaires des citoyens pour éviter de sortir le soir, 2/ restrictions volontaires des déplacements inter-régions, 3/ Suspendre les deux campagnes Go to travel et Go to eat ; 3/ décaler le calendrier des congés de fin et début d’année et renforcer le système de surveillance, les capacités de centres de santé et des établissements de santé ; 4/ l’application de ces mesures permettrait de limiter les conséquences économiques et sur l’emploi, 5/ encourager les changements de comportement des individus (travail, sorties, vie quotidienne) grâce à une communication ciblée et efficace.

Le 23 décembre, la 19ème sous-commission publie ses recommandations fondées sur les trois scénarios identifiés en fonction de l’évolution de la situation au niveau local et préfectoral. Un leadership fort de la part des gouverneurs locaux et du gouvernement central est nécessaire pour enrayer l’évolution inquiétante des contaminations.

Le 5 janvier, les membres de la 20ème sous-commission se réunissent pour envisager l’application d’un nouvel état d’urgence sur la base des expériences acquises par l’épidémie depuis plusieurs mois. Le stade 4 est appliqué pour les trois préfectures de Saitama, Chiba et Kanagawa ainsi que pour la métropole de Tokyo. Le nombre de cas continue d’augmenter ainsi que les cas de personnes contaminées présentant des symptômes graves. Le nombre de décès a également augmenté notablement. Les nouvelles mesures reprennent en grande partie les mesures d’urgence appliquées le 7 août 2020 pour inverser la courbe des contaminations de la deuxième vague. Les restaurants et les bars devront fermer à 20h, le travail à distance est recommandé pour atteindre 70% des salariés, et les sorties non nécessaires devront être évitées à partir de 20h. Le rapport insiste sur le besoin de diffuser un message fort et d’unité entre le gouvernement central, les gouvernements locaux et les experts auprès des citoyens pour élever la conscience du risque.

 

Nombre de tests PCR effectuésNombre de cas positifs par jour
Évolution des cas positifs et des test PCR du 24 janvier 2020 au 1er mars 2021.
https://www.mhlw.go.jp/stf/covid-19/open-data.html (dernière consultation le 4 mars 2021).

Le 7 janvier 2021, le gouvernement déclare l’état d’urgence sanitaire, appliqué à partir du 8 janvier jusqu’au 7 février pour les départements de Tokyo, Saitama, Chiba et Kanagawa. Il est demandé aux citoyens de réduire les sorties après 20h, l’organisation d’événements est soumise à plusieurs restrictions (limite du nombre de personnes, etc.), les horaires d’ouverture des restaurants et les bars sont limités à 20h, le télétravail est encouragé dans l’objectif de diminuer les déplacements domicile-travail de 70%. Les crèches, les écoles maternelles, primaires, collèges et lycées restent ouverts.

Le 13 janvier, le gouvernement annonce l’extension de l’état d’urgence aux départements de Tochigi, Gifu, Aichi, Kyoto, Osaka, Hyogo et Fukuoka jusqu’au 7 février.

Le 2 février, l’état d’urgence est levé pour le département de Tochigi, mais maintenu dans les autres départements jusqu’au 7 mars. Selon le rapport publié par la sous-commission (voir rubrique « publications officielles »), les mesures appliquées dans le cadre de l’état d’urgence ont permis de diminuer le nombre des nouveaux cas de contamination. L’analyse des facteurs de hausse des nouvelles contaminations montre qu’ à la fin de l’année les messages de prévention n’ont pas été suffisamment diffusés auprès des citoyens par le gouvernement central et les gouvernements locaux. La déclaration de l’état d’urgence a contribué à élever la perception du risque des citoyens. La compréhension et l’acceptation des mesures et des contraintes, ainsi que la coopération des citoyens sont de nouveau mentionnés comme étant des facteurs majeurs de la baisse du nombre des contaminations. L’importance de diffuser une communication du risque par l’intermédiaire de différents médias est de nouveau mentionnée.
Bien que le nombre des déplacements et des sorties nocturnes aient diminué, la fréquentation des restaurants et des lieux publics reste élevée les midis, les après-midis durant les jours fériés et les week-ends. Il est vivement demandé au gouvernement de communiquer auprès des citoyens sur la nécessité de réduire toutes les sorties, et pas uniquement en soirée.
Il est également demandé aux préfectures de renforcer le système de surveillance pour identifier les souches mutantes du virus en coopération avec le gouvernement central. Plus précisément, les membres de la sous-commission demandent aux gouverneurs locaux de continuer de mener des enquêtes épidémiologiques actives pour identifier le plus tôt possible les cas de variant. La collaboration interdépartementale est également fortement encouragée. Il est nécessaire de communiquer rapidement et de manière précise auprès des citoyens sur les résultats issus de ces enquêtes. Des mesures de contrôle renforcé doivent être appliquées pour les personnes en provenance d’autres pays et l’ensemble des informations doit être communiqué aux gouverneurs locaux.
Les clusters identifiés dans les restaurants et les bars ont diminué, néanmoins les clusters identifiés dans les établissements de soin pour seniors continuent d’augmenter. Il est demandé au gouvernement central de coopérer avec les gouverneurs locaux pour augmenter les tests des membres du personnel soignant des établissements de soins pour seniors, tout en veillant à ne pas augmenter la charge de travail des centres de santé. L’organisation sous l’égide du ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales d’un groupe de travail spécifique pour prévenir l’augmentation des contaminations dans ces établissements est fortement recommandé. Enfin, le gouvernement central continue de soutenir les établissements hospitaliers au niveau local conformément au contexte de « crise ».

Le 9 février, le rapport de la 24ème sous-commission mentionne les changements liés à la révision de la loi sur les mesures spéciales contre la pandémie grippale pour introduire « des mesures prioritaires pour prévenir la propagation des maladies infectieuses ». Une sanction est notamment prévue en cas de non-respect de ces mesures ne dépassant pas 300 000 yens. Les gouvernements locaux et le gouvernement central doivent prendre des mesures de soutien financier pour les acteurs économiques, les établissements médicaux ainsi que le personnel médical et soignant. L’État doit soutenir financièrement les mesures qui doivent être prises par les gouverneurs locaux. Les membres du « Conseil pour la promotion des contre-mesures contre la grippe pandémique » rapportent directement au Cabinet du premier ministre. La loi sur la quarantaine sera également révisée. La coordination entre gouvernement central et local est renforcée pour le partage des informations via les centres de santé publics. Une sanction est introduite (jusqu’à 500 000yens) en cas de non-respect de mesures d’hospitalisation sans raison justifiée (y compris sortie non autorisée de l’hôpital). Il est désormais possible d’ordonner aux personnes atteintes de maladies infectieuses de se soumettre aux enquêtes épidémiologiques s'ils ne coopèrent pas sans raison valable.

Le 25 février, les membres de la 25ème sous-commission mentionnent le risque qu’une fois l’état d’urgence levé, la perception du risque diminue entrainant un changement dans les comportements préventifs des individus laissant entrevoir une nouvelle hausse des contaminations. Il est donc nécessaire qu’une fois l’état d’urgence levé les gouvernements locaux et le gouvernement central continue de maintenir un haut niveau de coordination et de leadership. Compte tenu des incertitudes liées à la propagation des souches mutantes du virus et de l’ampleur que représente l’application des campagnes vaccinales, il est fortement recommandé aux citoyens de continuer d’appliquer individuellement les mesures préventives : choisir des restaurants en fonction de leur respect des mesures barrières (aération, distance entre les tables, cloison entre les tables, etc.), éviter de parler fort, porter un masque, réduire le temps du repas, etc., éviter des rassemblements de plus de 4 personnes lorsqu’il s’agit de personnes en-dehors du cercle familial.

Le 5 mars, le nombre des nouvelles contaminations continue de diminuer (5 sur 100 000 pour la semaine précédente au niveau national / 13 sur 100 000 à Tokyo), néanmoins le rythme de baisse a ralenti depuis la mi-février (RO est 0,84 le 14 février). Le nombre de personnes hospitalisées, de personnes gravement malades, de décès et de personnes sous traitement continue de diminuer. Cependant, on observe une nouvelle hausse des cas pour lesquels les sources de contamination et la localisation des foyers de contamination ne sont pas identifiés, ainsi qu’une hausse de la propagation des variants.
Les flux de déplacement ont repris, notamment en soirée et la nuit, en particulier dans les centres urbains. La diminution des nouvelles contaminations est globalement plus lente dans les zones urbaines. La diffusion des nouvelles souches de virus laisse présager d’une augmentation du risque liée à un relâchement des mesures de contrôle au niveau local et central, et par conséquent individuel. Les mesures suivantes sont préconisées pour réduire le nombre des contaminations sur la base des informations issues des enquêtes épidémiologiques au niveau local et régional :

  • Communication coordonnée et message unifié entre le gouvernement central et les gouverneurs locaux sur les mesures et les comportements à suivre au niveau individuel des citoyens pour réduire les risques de contamination.
  • Prévenir la prochaine vague par la vaccination, le renforcement des mesures contre les variants et la mise en place d’un système d'alerte précoce.
  • Renforcer les enquêtes épidémiologiques proactives.
  • Continuer d’appliquer des contre-mesures dans le secteur de la restauration et des services plus généralement.  
  • Améliorer le système de soins médicaux (plus de flexibilité).
  • Augmenter le nombre de tests (contrôle périodique du nombre de tests réalisés par les gouverneurs locaux).
  • Détection précoce des personnes infectées par des variants, identification des personnes contact et des sources d’infection.
  • Accroître la R&D sur ces variants.

Le 18 mars, le compte-rendu de la sous-commission fait état d’une baisse continue du nombre des nouvelles contaminations grâce à la coopération entre les citoyens et les entreprises, néanmoins, on observe une nouvelle hausse des cas à Osaka, Hyogo, Kyoto et Fukuoka, surtout auprès des jeunes. Le nombre de contamination causée par un variant a augmenté dans le Kansai. De nouveaux cas sont également en hausse à Miyagi et Okinawa (14 et 13 sur 100 000) en particulier chez les seniors. Il existe un risque que les variants se propagent plus rapidement. A Tokyo, le nombre de cas non identifiés est en hausse. Il semblerait qu’un rebond ait débuté dans les zones urbaines, notamment dans la région du Kinki.  

Le 1er avril, le sous-comité consultatif pour les politiques de lutte contre la propagation de la Covid19 remplace la précédente sous-commission, organisée du 6 juillet au 25 février 2021 (voir « publications officielles »). Le ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales a analysé et évalué la situation épidémique en prenant en considération la charge qui pèse sur le système de soins et de santé publique. Afin d’éviter une nouvelle propagation de l'infection, « les mesures prioritaires pour éviter la propagation de l'infection » seront mises en œuvre à partir du 5 avril jusqu’au 5 mai 2021 dans des zones spécifiques. Une augmentation des lits d’hôpitaux est anticipée. La coordination entre les municipalités et les gouvernements locaux est renforcée via les centres de santé pour faire face à la diffusion des variants. La prise en considération de ces nouveaux variants est nécessaire pour élaborer des mesures de prévention, d’hospitalisation et de sortie d’hospitalisation, mieux adaptées.

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