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Chronologie

Chronologie 4 (du 7 janvier 2021 au 1er avril 2021)

Chronologie des mesures prises par le gouvernement japonais pour lutter contre la propagation du Covid-19

Par Adrienne Sala
mise à jour le 16/04/2021

 

Nombre de tests PCR effectuésNombre de cas positifs par jour
Évolution des cas positifs et des test PCR du 24 janvier 2020 au 1er mars 2021.
https://www.mhlw.go.jp/stf/covid-19/open-data.html (dernière consultation le 4 mars 2021).

 

Le 7 janvier 2021, le gouvernement déclare l’état d’urgence sanitaire, appliqué à partir du 8 janvier jusqu’au 7 février pour les départements de Tokyo, Saitama, Chiba et Kanagawa. Il est demandé aux citoyens de réduire les sorties après 20h, l’organisation d’événements est soumise à plusieurs restrictions (limite du nombre de personnes, etc.), les horaires d’ouverture des restaurants et les bars sont limités à 20h, le télétravail est encouragé dans l’objectif de diminuer les déplacements domicile-travail de 70%. Les crèches, les écoles maternelles, primaires, collèges et lycées restent ouverts.

Le 13 janvier, le gouvernement annonce l’extension de l’état d’urgence aux départements de Tochigi, Gifu, Aichi, Kyoto, Osaka, Hyogo et Fukuoka jusqu’au 7 février.

Le 2 février, l’état d’urgence est levé pour le département de Tochigi, mais maintenu dans les autres départements jusqu’au 7 mars. Selon le rapport publié par la sous-commission (voir rubrique « publications officielles »), les mesures appliquées dans le cadre de l’état d’urgence ont permis de diminuer le nombre des nouveaux cas de contamination. L’analyse des facteurs de hausse des nouvelles contaminations montre qu’ à la fin de l’année les messages de prévention n’ont pas été suffisamment diffusés auprès des citoyens par le gouvernement central et les gouvernements locaux. La déclaration de l’état d’urgence a contribué à élever la perception du risque des citoyens. La compréhension et l’acceptation des mesures et des contraintes, ainsi que la coopération des citoyens sont de nouveau mentionnés comme étant des facteurs majeurs de la baisse du nombre des contaminations. L’importance de diffuser une communication du risque par l’intermédiaire de différents médias est de nouveau mentionnée.
Bien que le nombre des déplacements et des sorties nocturnes aient diminué, la fréquentation des restaurants et des lieux publics reste élevée les midis, les après-midis durant les jours fériés et les week-ends. Il est vivement demandé au gouvernement de communiquer auprès des citoyens sur la nécessité de réduire toutes les sorties, et pas uniquement en soirée.
Il est également demandé aux préfectures de renforcer le système de surveillance pour identifier les souches mutantes du virus en coopération avec le gouvernement central. Plus précisément, les membres de la sous-commission demandent aux gouverneurs locaux de continuer de mener des enquêtes épidémiologiques actives pour identifier le plus tôt possible les cas de variant. La collaboration interdépartementale est également fortement encouragée. Il est nécessaire de communiquer rapidement et de manière précise auprès des citoyens sur les résultats issus de ces enquêtes. Des mesures de contrôle renforcé doivent être appliquées pour les personnes en provenance d’autres pays et l’ensemble des informations doit être communiqué aux gouverneurs locaux.
Les clusters identifiés dans les restaurants et les bars ont diminué, néanmoins les clusters identifiés dans les établissements de soin pour seniors continuent d’augmenter. Il est demandé au gouvernement central de coopérer avec les gouverneurs locaux pour augmenter les tests des membres du personnel soignant des établissements de soins pour seniors, tout en veillant à ne pas augmenter la charge de travail des centres de santé. L’organisation sous l’égide du ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales d’un groupe de travail spécifique pour prévenir l’augmentation des contaminations dans ces établissements est fortement recommandé. Enfin, le gouvernement central continue de soutenir les établissements hospitaliers au niveau local conformément au contexte de « crise ».

Le 9 février, le rapport de la 24ème sous-commission mentionne les changements liés à la révision de la loi sur les mesures spéciales contre la pandémie grippale pour introduire « des mesures prioritaires pour prévenir la propagation des maladies infectieuses ». Une sanction est notamment prévue en cas de non-respect de ces mesures ne dépassant pas 300 000 yens. Les gouvernements locaux et le gouvernement central doivent prendre des mesures de soutien financier pour les acteurs économiques, les établissements médicaux ainsi que le personnel médical et soignant. L’État doit soutenir financièrement les mesures qui doivent être prises par les gouverneurs locaux. Les membres du « Conseil pour la promotion des contre-mesures contre la grippe pandémique » rapportent directement au Cabinet du premier ministre. La loi sur la quarantaine sera également révisée. La coordination entre gouvernement central et local est renforcée pour le partage des informations via les centres de santé publics. Une sanction est introduite (jusqu’à 500 000yens) en cas de non-respect de mesures d’hospitalisation sans raison justifiée (y compris sortie non autorisée de l’hôpital). Il est désormais possible d’ordonner aux personnes atteintes de maladies infectieuses de se soumettre aux enquêtes épidémiologiques s'ils ne coopèrent pas sans raison valable.

Le 25 février, les membres de la 25ème sous-commission mentionnent le risque qu’une fois l’état d’urgence levé, la perception du risque diminue entrainant un changement dans les comportements préventifs des individus laissant entrevoir une nouvelle hausse des contaminations. Il est donc nécessaire qu’une fois l’état d’urgence levé les gouvernements locaux et le gouvernement central continue de maintenir un haut niveau de coordination et de leadership. Compte tenu des incertitudes liées à la propagation des souches mutantes du virus et de l’ampleur que représente l’application des campagnes vaccinales, il est fortement recommandé aux citoyens de continuer d’appliquer individuellement les mesures préventives : choisir des restaurants en fonction de leur respect des mesures barrières (aération, distance entre les tables, cloison entre les tables, etc.), éviter de parler fort, porter un masque, réduire le temps du repas, etc., éviter des rassemblements de plus de 4 personnes lorsqu’il s’agit de personnes en-dehors du cercle familial.

Le 5 mars, le nombre des nouvelles contaminations continue de diminuer (5 sur 100 000 pour la semaine précédente au niveau national / 13 sur 100 000 à Tokyo), néanmoins le rythme de baisse a ralenti depuis la mi-février (RO est 0,84 le 14 février). Le nombre de personnes hospitalisées, de personnes gravement malades, de décès et de personnes sous traitement continue de diminuer. Cependant, on observe une nouvelle hausse des cas pour lesquels les sources de contamination et la localisation des foyers de contamination ne sont pas identifiés, ainsi qu’une hausse de la propagation des variants.
Les flux de déplacement ont repris, notamment en soirée et la nuit, en particulier dans les centres urbains. La diminution des nouvelles contaminations est globalement plus lente dans les zones urbaines. La diffusion des nouvelles souches de virus laisse présager d’une augmentation du risque liée à un relâchement des mesures de contrôle au niveau local et central, et par conséquent individuel. Les mesures suivantes sont préconisées pour réduire le nombre des contaminations sur la base des informations issues des enquêtes épidémiologiques au niveau local et régional :

  • Communication coordonnée et message unifié entre le gouvernement central et les gouverneurs locaux sur les mesures et les comportements à suivre au niveau individuel des citoyens pour réduire les risques de contamination.
  • Prévenir la prochaine vague par la vaccination, le renforcement des mesures contre les variants et la mise en place d’un système d'alerte précoce.
  • Renforcer les enquêtes épidémiologiques proactives.
  • Continuer d’appliquer des contre-mesures dans le secteur de la restauration et des services plus généralement.  
  • Améliorer le système de soins médicaux (plus de flexibilité).
  • Augmenter le nombre de tests (contrôle périodique du nombre de tests réalisés par les gouverneurs locaux).
  • Détection précoce des personnes infectées par des variants, identification des personnes contact et des sources d’infection.
  • Accroître la R&D sur ces variants.

Le 18 mars, le compte-rendu de la sous-commission fait état d’une baisse continue du nombre des nouvelles contaminations grâce à la coopération entre les citoyens et les entreprises, néanmoins, on observe une nouvelle hausse des cas à Osaka, Hyogo, Kyoto et Fukuoka, surtout auprès des jeunes. Le nombre de contamination causée par un variant a augmenté dans le Kansai. De nouveaux cas sont également en hausse à Miyagi et Okinawa (14 et 13 sur 100 000) en particulier chez les seniors. Il existe un risque que les variants se propagent plus rapidement. A Tokyo, le nombre de cas non identifiés est en hausse. Il semblerait qu’un rebond ait débuté dans les zones urbaines, notamment dans la région du Kinki.  

Le 1er avril, le sous-comité consultatif pour les politiques de lutte contre la propagation de la Covid19 remplace la précédente sous-commission, organisée du 6 juillet au 25 février 2021 (voir « publications officielles »). Le ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales a analysé et évalué la situation épidémique en prenant en considération la charge qui pèse sur le système de soins et de santé publique. Afin d’éviter une nouvelle propagation de l'infection, « les mesures prioritaires pour éviter la propagation de l'infection » seront mises en œuvre à partir du 5 avril jusqu’au 5 mai 2021 dans des zones spécifiques. Une augmentation des lits d’hôpitaux est anticipée. La coordination entre les municipalités et les gouvernements locaux est renforcée via les centres de santé pour faire face à la diffusion des variants. La prise en considération de ces nouveaux variants est nécessaire pour élaborer des mesures de prévention, d’hospitalisation et de sortie d’hospitalisation, mieux adaptées.

Chronologie 3 (du 1er septembre 2020 au 5 janvier 2021)

Chronologie des mesures prises par le gouvernement japonais pour lutter contre la propagation du Covid-19

Par Adrienne Sala
mise à jour le 05/01/2021

 

Le 1er septembre 2020un premier groupe de travail est organisé dans le cadre des sous-commissions dédiées aux mesures de lutte contre la Covid-19, et porte sur les questions liées à la protection des données privées, la discrimination et les préjudices subis par des personnes contaminées par la Covid-19 (voir rubrique « publications officielles »). Les résultats sont ensuite discutés par les membres de la sous-commission dédiée aux mesures de lutte contre la Covid-19 afin que des mesures soient appliquées en coordination avec les gouvernements locaux, les centres d’aide et de consultation, les entreprises et les médias. Les problèmes de discrimination à l’égard des personnes contaminées font l’objet de discussions depuis le début de l’épidémie, évoquées par les membres du comité scientifique dès le 8ème comité (19/03/2020). L’importance de traiter ces problèmes est discutée lors du 12ème comité scientifique (1/05/2020) dans le cadre de l’application des mesures de lutte et de prévention contre la Covid-19 sur la longue durée. La prévention des discriminations à l’égard des personnes contaminées fait donc partie des objectifs suivis par la politique de gestion de la crise liée à la Covid-19 et qui se traduit par un effort de communication et de pédagogie pour renforcer la coopération entre le gouvernement, les médecins, les médias et les citoyens.

Le 4 septembrela sous-commission dédiée aux mesures de lutte contre la propagation de la Covid-19 se réunit pour la huitième fois. La tendance à la baisse du nombre des nouvelles contaminations et des hospitalisations se poursuit. Le maintien des cinq mesures phares permet de prévenir la reprise des contaminations en gardant un niveau de vigilance élevé dans les restaurants, les bars et les karaoke entre autres.  Les conditions de lancement de la campagne « Go to eat » sont précisées. Cette campagne a pour objectif de soutenir les acteurs de la restauration en conciliant les mesures de prévention du risque de contamination. Elle s’insert dans la campagne « go to Travel » pour soutenir le tourisme intérieur et l’économie des régions étant donné que Tokyo n’était pas incluse dans les destinations à cause du niveau de risque lié aux nombres de contaminations. Enfin, les mesures préventives face à la grippe saisonnière sont expliquées en coordination avec l’Advisory Board.

Le 11 septembrele neuvième compte-rendu de la sous-commission dédiée aux mesures de lutte contre la Covid-19 est publié. La tendance baissière du nombre des nouvelles contaminations est confirmée en grande partie grâce aux mesures prises dans les lieux à risques comme les restaurants et les bars (application d’un couvre-feu à 22h, vigilance renforcée à l’égard des clients (prise de température, port du masque, solution hydro alcoolique, cloison entre les tables, coopération des clients pour éviter de parler à voix haute, etc.). Le nombre de cas dont les voies de contamination n’ont pas pu être identifiées est de 50,8% et de 59,6% à Tokyo, en baisse par rapport à la semaine précédente. Le nombre d’hospitalisation est également en baisse au niveau national mais reste encore élevé dans certaines préfectures (Tokyo, Okinawa). Le ratio de cas positifs par rapport au nombre de tests réalisés est de 2,9 %, en baisse par rapport à la semaine précédente. Le rapport précise qu’il est nécessaire de continuer d’appliquer les mesures de prévention de base (mesures liées aux « 3c », port du masque, distanciation physique, ventilation des lieux, mesures spécifiques dans les établissements de santé et enquêtes épidémiologiques). Les lieux à haut risque comme les restaurants et les bars continuent de faire l’objet d’une vigilance renforcée. Conformément aux mesures décidées par le « Siège » lors du 42ème comité (28/08/2020), le système de dépistage continu d’être étendu, les établissements médicaux et les systèmes de santé font l’objet de mesure de soutien prioritaire. L’obligation d’hospitalisation des personnes contaminées selon la loi sur les Maladies infectieuses fait l’objet d’un groupe de travail spécifique au sein de l’advisory board. 
Dans le but de lancer la campagne « Go to » à l’ensemble du pays, la sous-commission organise un groupe de travail dédié aux mesures de prévention ciblées. Ce groupe de travail comprend trois sous-groupes composés d’experts, des organisations professionnelles, et d’organisations publiques régionales, chargés de l’analyse des mesures de prévention contre la Covid-19 appliquées dans les « quartiers des plaisirs » en coordination avec les membres de la sous-commission.

Le 25 septembre, le dixième compte-rendu de la sous-commission dédiée aux mesures de lutte contre la Covid-19 est publié. Le nombre des nouvelles contaminations et des hospitalisations a baissé par rapport à la semaine précédente, ainsi que le nombre de cas dont les voies de contamination ne sont pas identifiées. Suite au lancement des campagnes « Go to » les lieux qui font l’objet de la campagne sont soumis à une vigilance renforcée et un suivi continu par les équipes rattachées au deuxième groupe de travail en coordination avec la sous-commission. 
À l’issue de cette 10ème sous-commission, les membres ont émis des recommandations pour le gouvernement central. Ces recommandations concernent en priorité les conditions nécessaires pour concilier une politique de prévention contre la Covid-19 et une politique économique et sociale dans le contexte de crise sanitaire telles que la diffusion d’une communication ciblée sur les comportements à risques, le renforcement des enquêtes épidémiologiques afin d’identifier tous les clusters (même petits) et adapter des mesures adéquates rapidement.

Le 25 septembre, le compte-rendu de la 43ème réunion du Siège pour les mesures de lutte contre la propagation de la Covid-19 est publié. Le ministère de la santé, du travail et des affaires sociales déploie un fond de réserve de  1,6 trillion de yens destiné aux mesures de prévention face à la Covid-19 et à la grippe saisonnière dont un renforcement du système de santé et médical, et des capacités de test de dépistage. Le rapport reprend en grande partie le compte-rendu de la 10ème sous-commission.

Le 29 septembre, le deuxième groupe de travail dédié aux mesures de lutte contre la Covid-19 dans « les quartiers des plaisirs » des mégapoles (voir rubriques officielles) publie les résultats de plusieurs recherches effectuées dans différents quartiers considérés à risques pour cibler au maximum les mesures préventives. La coopération avec les citoyens fait également l’objet d’une étude spécifique qui reprend notamment le concept de risk communication diffusé par l’OMS dés le mois de mars 2020.

Le 1er octobre, le gouvernement japonais a assoupli les restrictions sur l’entrée des étrangers sur le territoire. Cette levée des restrictions concernent les voyages d’affaires, les étudiants et universitaires et les échanges dans le domaine médical et de la santé, mais ne s’applique pas aux touristes.

Le 15 octobre, à l’issue de la 11ème sous-commission, des recommandations sont publiées sur la base des analyses réalisées en coordination avec les membres de l’advisory bord réunis le 13 octobre (voir rubrique publications officielles). Selon le rapport, si aucune hausse rapide et généralisée n’est observée, aucune baisse significative n’est également observable. La hausse des cas serait causée par les déplacements inter et intra régions pendant les jours féries témoignant d’un désir de « retourner à une vie normale ». Les dynamiques sociales qui en découleraient seraient à l’origine de la formation de nouveaux clusters. Parallèlement, la baisse des cas de contamination observée dans certaines préfectures témoignerait de l’acceptabilité sociale à l’égard des lieux et des comportements qualifiés de risqués. L’expérience acquise permettrait également de faire face à l’émergence de nouveaux clusters par l’adoption des mesures adéquates. Cependant une incertitude demeure quant au maintien sur la longue durée de l’équilibre entre ces deux situations.
Une communication claire et facile à comprendre sur les comportements à risques est recommandée sur la base des résultats obtenus par l’analyse précise des clusters par les équipes d’experts. L’efficacité liée à l’identification rapide des clusters est rappelée pour lutter contre la propagation de l’épidémie. Les différences de situation sanitaire entre les préfectures et les régions devraient également faire l’objet d’une communication précise et coordonnée entre les gouvernements locaux et le gouvernement central afin de faciliter la prise de mesures efficaces.

Le 23 octobre, le rapport de la 12ème sous-commission est publié.  La nécessité de faire une analyse rétrospective sur les mesures adoptées depuis 6 mois dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19 est mentionnée pour préparer au mieux l’arrivée de l’hiver. Dans cet objectif  une  grande enquête est réalisée au niveau national portant entre autres sur l’analyse des clusters par régions et les mesures adoptées (résultat, difficultés rencontrées, enseignements tirées, etc.), l’application empirique des 7 situations à risques, les systèmes d’information liés au cluster, etc.
(https://www.cas.go.jp/jp/seisaku/ful/bunkakai/kongo_kento_12_2.pdf)
Une partie de l’enquête est réalisée auprès des collectivités locales, et les réponses reçues ont permis d’approfondir une partie des mesures appliquées au niveau national. Par exemple : effectuer des tests pour les personnes contact le plus tôt possible, qu’ils présentent ou non des symptômes. L’accès au test pour les personnes dont  la santé est fragile doit être facilité. L’analyse des clusters par régions a rappelé qu’il était nécessaire d’améliorer la diffusion des informations (notamment pour les communautés étrangères). Le partage des informations issues des clusters locaux permettrait de mieux réfléchir aux mesures à adopter au niveau national. Un système de partage et de diffusion des informations centralisé fait l’objet de réflexion pour permettre un meilleur accès aux informations aux organisations de recherche dans le secteur de la santé et au gouvernement central.
Lors de la sous-commission du 25 septembre les participants avaient publié les «7 recommandations » pour éviter la formation de cluster. Dans le cadre de ce rapport,  il est question  de « 5 recommandations » issues d’une analyse des comportements à risques. 1/ le risque de contamination est élevé dans les restaurants et les bars où l’atmosphère festive peut contribuer à une baisse de la vigilance ; 2/ les discussions longues dans les lieux confinés (bars et restaurants) augmentent le risque de contamination ; 3/ si ces rencontres ont lieu sans masque, le risque de contamination est accru. Il est nécessaire de garder le masque dans les transports en commun mais aussi dans les voitures individuelles ; 4/ les espaces exiguës (chambres, sanitaires) sont des lieux de contamination. ; 5/ les espaces dédiées aux pauses (fumoirs, salle de détente, etc.) sont des lieux de contamination. Sur la base de ces observations, il est donc recommandé de raccourcir la durée des échanges dans les restaurants et les bars, de limiter le nombre de convives et de limiter les sorties avec des personnes fréquentées régulièrement, surveiller la quantité d’alcool consommée et porter un masque au cours des discussions. Le niveau de connaissance de plus en plus précis est le résultat des groupes de travail (working group) dédié à l’analyse des comportements spécifiques dans les restaurants et les bars  (voir « rubriques publications officielles »).
Les membres de la commission émettent les recommandations suivantes pour le gouvernement en  vue des congés de fin d’année : 1/étaler la période des congés, 2/ coordonner les mesures de lutte contre le covid-19 avec la réforme sur la manière de travailler, notamment pour les congés et les horaires aménagés de travail, 3/communiquer auprès des citoyens sur les 5 recommandations relatives aux rassemblements sociaux impliquant la consommation d’alcool dans les lieux communs (restaurants et bars), les discussions sans port de masque, les activités de groupe et les exercices physiques qui impliquent un effort respiratoire élevé.

Le 29 octobre 2020,  lors de la 13ème sous-commission, il  est rappelé que depuis le mois d’octobre une légère hausse des cas est observée, surtout dans les régions du nord du Japon (Hokkaido, Tohoku) mais aussi à Okinawa. Cette hausse pourrait s’expliquer par le maintien dans les métropoles comme Tokyo d’un certain niveau de contamination et l’apparition de nouveaux clusters dans certaines régions. A cela s’ajoute une augmentation des déplacements. Les clusters sont surtout identifiés dans les quartiers de divertissements, les lieux de travail et les communautés étrangères. La crainte d’un déséquilibre entre une tendance baissière et une tendance haussière est de plus en plus grande.
Le retard dans l’application des mesures de prévention serait lié à la difficulté de détecter les nouveaux clusters(dépistage tardif dans les hôpitaux et les établissements sociaux qui n’avaient pas suffisamment d’expérience, et groupes difficiles à cibler comme les jeunes et les communautés étrangères).
Pour éviter la propagation de l’épidémie dans les régions, une analyse des causes et des facteurs d’émergence des clusters est nécessaire à la prise de mesures rapides, en parallèle de la préparation des établissements de santé et des hôpitaux (cette prise de conscience avait donné lieu aux groupes de travail spécifiques dont les analyses étaient rapportées par la sous-commission du 24 août (7ème comité).
À l’issue des deux premières vagues, les quartiers de divertissement des grandes villes sont identifiés comme les « points vitaux » de la propagation du virus. Il est donc nécessaire de renforcer les mesures dans ces lieux pour contrôler l’épidémie tout en trouvant un équilibre entre les mesures de prévention et le maintien des activités économiques et sociales.
Par exemple, l’analyse des facteurs de la propagation de l'infection en juillet et en août a montré que le nombre de personnes infectées avait d'abord augmenté à Tokyo, puis s’était étendu à d'autres préfectures d’abord dans la région métropolitaine de Tokyo, puis ensuite aux préfectures d'Osaka, de Fukuoka et d'Aichi avec un certain décalage dans le temps. Les analyses de l'Institut national des maladies infectieuses (NIAID) ont également révélé que la propagation de l'infection provenait de Shinjuku.
Selon le rapport publié par le groupe de travail du mois d’octobre relatif aux lieux de divertissement des grandes villes, une analyse ciblée des clusters par quartier a été réalisée dans chaque grande ville où le niveau de contamination fut considéré comme élevé (Minami Osaka, Sukino Sapporo, Kabukicho Shinjuku, Sakae Nagoya, Nakasu Fukuoka). A l’issue de l’analyse, une détection précoce des cas de contamination et la réalisation de tests ciblés permettraient de diminuer le nombre de cas positif. Cette hausse peut aussi être inversée par la réduction des heures d’ouverture(en soirée) dans des zones spécifiques. Ces mesures ciblées sont privilégiées aux mesures générales qui ont un impact économique délétère.
En outre, la charge de travail des centres de santé publique augmentant pendant la période de propagation de l'infection, il est nécessaire de préparer un système de soutien en coopération avec le gouvernement national, les préfectures et les universités pour mettre en œuvre des mesures telles que des tests PCR ciblés.

Le 9 novembre, suite à la 14ème sous-commission, en coordination avec l’Advisory Board, plusieurs nouvelles recommandations sont publiées à l’attention du gouvernement. Le nombre de clusters augmentant, le rapport mentionne plusieurs actions majeures pour prévenir l’épidémie tout en maintenant les activités économiques : 1/ l’augmentation de clusters difficiles à identifier pour les raisons suivantes : communautés étrangères, groupes hétérogènes, 2/ activités extra scolaires des étudiants, 3/ personne-contact au sein de groupes difficiles à retracer. Les mesures à suivre doivent se baser sur les préconisations du rapport du 29/10 (13ème comité) s’inspirant grandement des expériences tirées des mesures de prévention élaborées dans le cadre de l’épidémie de HIV au niveau local, prévoyant une coordination accrue entre la société civile organisée en ONG, et en community center, et des bénévoles qui jouent un rôle d’intermédiaire avec le gouvernement.
Pour les étudiants, la contamination se ferait en dehors des classes, ce qui rend le dépistage difficile. Une communication renforcée grâce aux intermédiaires est valorisée (centre de santé, université, etc.), dans les entreprises ce sont les médecins du travail qui sont mobilisés pour informer les travailleurs (la contamination se fait surtout en dehors du travail pendant les temps de pause).

Le 12 novembre, lors de la 15ème sous-commission, M. Nishimura et M. Tamura soulignent l’évolution inquiétante de la situation sanitaire proche du niveau de contamination des mois de juillet-août et qui correspond à la deuxième vague épidémique. L’apparition de nouveaux clusters au sein de groupes difficiles à cibler comme les jeunes et les communautés étrangères pose de nombreux problèmes en terme de communication (langue, média, discours, actions, etc.). Selon les experts, depuis février et mars, si le changement de comportement des personnes d’âge moyen et des personnes âgées est notable, les comportements préventifs chez les jeunes semblent plus difficiles. Plusieurs participants ont souligné à la fois la nécessité d’appliquer des mesures au niveau national (et pas seulement local), et que le gouvernement central renforce sa communication du risque par une diffusion des informations au public. Des mesures de prévention et d’action doivent être mises en œuvre par le gouvernement central, soutenues par des aides financières et des subventions pour aider notamment les restaurateurs à installer des panneaux de protection sur les tables afin de permettre le maintien des activités socioéconomiques dans la mesure du possible. La hausse inquiétante des suicides a également alerté les participants sur les risques psychosociaux entraînés par un isolement social prolongé surtout chez les personnes âgées.

Le 20 novembre, le rapport de la 16ème sous-commission mentionne le passage au stade 3 d’un certain nombre de préfectures où la diffusion du virus est rapide et difficile à contrôler. Le rapport insiste sur le besoin urgent d’appliquer des mesures fortes qui soient accompagnées d’une communication ciblée et pédagogique de la part du gouvernement central. Si la situation se poursuit sans changement, des conséquences substantielles sur le plan économique et de l’emploi sont à prévoir. Trois facteurs principaux sont mentionnés : le manque de communication efficace et la difficulté d’accéder à certains groupes comme les jeunes ;  la hausse de clusters difficiles à identifier (personnes asymptomatiques ou avec de faibles symptômes) ; l’équilibre délicat et difficile entre l’application de mesures de prévention contre la diffusion du virus et le maintien des activités économiques.
Les recommandations suivantes sont faites au gouvernement : 1/ limiter les horaires d’ouverture des restaurants et des bars pendant trois semaines, restrictions volontaires des citoyens pour éviter de sortir le soir, 2/ restrictions volontaires des déplacements inter-régions, 3/ Suspendre les deux campagnes Go to travel et Go to eat ; 3/ décaler le calendrier des congés de fin et début d’année et renforcer le système de surveillance, les capacités de centres de santé et des établissements de santé ; 4/ l’application de ces mesures permettrait de limiter les conséquences économiques et sur l’emploi, 5/ encourager les changements de comportement des individus (travail, sorties, vie quotidienne) grâce à une communication ciblée et efficace.

Le 23 décembre, la 19ème sous-commission publie ses recommandations fondées sur les trois scénarios identifiés en fonction de l’évolution de la situation au niveau local et préfectoral. Un leadership fort de la part des gouverneurs locaux et du gouvernement central est nécessaire pour enrayer l’évolution inquiétante des contaminations.

Le 5 janvier, les membres de la 20ème sous-commission se réunissent pour envisager l’application d’un nouvel état d’urgence sur la base des expériences acquises par l’épidémie depuis plusieurs mois. Le stade 4 est appliqué pour les trois préfectures de Saitama, Chiba et Kanagawa ainsi que pour la métropole de Tokyo. Le nombre de cas continue d’augmenter ainsi que les cas de personnes contaminées présentant des symptômes graves. Le nombre de décès a également augmenté notablement. Les nouvelles mesures reprennent en grande partie les mesures d’urgence appliquées le 7 août 2020 pour inverser la courbe des contaminations de la deuxième vague. Les restaurants et les bars devront fermer à 20h, le travail à distance est recommandé pour atteindre 70% des salariés, et les sorties non nécessaires devront être évitées à partir de 20h. Le rapport insiste sur le besoin de diffuser un message fort et d’unité entre le gouvernement central, les gouvernements locaux et les experts auprès des citoyens pour élever la conscience du risque.

Chronologie 2 (du 14 mai au 24 août 2020)

Chronologie des mesures prises par le gouvernement japonais pour lutter contre la propagation du Covid-19

Par Adrienne Sala
mise à jour le 01/10/2020

 

Le 14 mai 2020, lors du 14ème comité consultatif, l’évolution de la situation sanitaire est analysée. La baisse du nombre de nouveaux cas de contamination et du nombre des nouveaux patients hospitalisés dont les symptômes sont sévères indique que la tendance est encourageante. En dehors de Tokyo, Osaka et Hokkaidō, le nombre de nouveaux cas a diminué en-dessous du seuil des cas recensés mi-mars (avant le pic).
La levée progressive de l’état d’urgence dépendra de plusieurs critères : le nombre de cas sur une semaine doit être inférieur au nombre de cas de la semaine précédente, le taux de contamination doit être inférieur à 0,5 pour 100 000 personnes (pour permettre l’application efficace de l’identification des clusters), et le nombre de cas testés positifs par rapport au nombre de cas testés total par jour.
Dans les régions où l’état d’urgence est progressivement levé, une surveillance renforcée est déployée dans les lieux où des clusters ont été identifiés. Dans les régions où l’état d’urgence est levé, la responsabilité civique devient le pilier central. Une liste concrète des nouveaux comportements à suivre fait l’objet d’une communication renforcée sur l’ensemble du territoire. 
Lors de la  34ème  réunion du Siège pour les mesures de lutte contre la propagation du Covid-19, le gouvernement déclare la prolongation de l’état d’urgence pour les préfectures de Tokyo, Osaka, Kyoto, Hokkaidō, Saitama, Kanagawa.
Le PLD propose d’augmenter le montant de l’aide à l’emploi versée aux entreprises, initialement de 8 330 yens par jour, à 15 000 yens par jour. Dans le cas des personnes qui ne sont pas éligibles, l’État versera directement ces aides viala mise en place d’un système dédié. Ce système vise également à soutenir les employés des PME dont l’activité est suspendue. Ces propositions seront intégrées dans le programment que le gouvernement soumettra à l’Assemblée dans le cadre de la révision du budget le 27 mai.

Le 15 mai, la gouverneure de Tokyo déclare que les restrictions seront progressivement assouplies dès la fin de la période de prolongation de l’état d’urgence en fonction des critères suivants : la moyenne hebdomadaire des nouveaux cas de contamination doit être inférieure à 20, parmi ces nouveaux cas, le nombre de cas dont les voies de transmission ne sont pas identifiées doit être inférieur à 50 %, et le nombre de cas hebdomadaire doit être inférieur au nombre de cas de la semaine précédente. À cela s’ajoute le nombre de testés positifs par rapport au nombre total de tests et l’évolution du nombre de consultation auprès des centres de santé.
À partir du mois de juin, entre 20 000 et 30 000 tests seront effectués par jour et par différents organismes publics et privés (Institut des maladies infectieuses, universités, entreprises, etc.).

Le 21 mai, à la suite de la 35ème réunion du Siège pour les mesures de lutte contre la propagation du Covid-19, il est décidé que la levée de l’état d’urgence sera effective si le nombre des nouveaux cas rapportés pour 100 000 habitants est inférieur à 0,5 pendant une semaine. Les capacités d’accueil et de soins des hôpitaux détermineront également la prise de décision relative à la levée de l’état d’urgence sanitaire. Le gouvernement prévoit de rendre une décision officielle le 25 mai prochain lors du comité consultatif pour les mesures de lutte contre la propagation de la Covid-19.

Le 25 mai, en réponse à la baisse des nouvelles contaminations et en fonction des critères d’évaluation de la situation sanitaire, le gouvernement déclare la levée nationale de l’état d’urgence à la suite de la 36ème réunion du Siège pour les mesures de lutte contre la propagation de la Covid-19. L’assouplissement des restrictions économiques et sociales sera néanmoins progressif. Les comportements de base pour éviter la propagation du virus, adoptés pendant l’état d’urgence, doivent être maintenus et font l’objet de nombreuses campagnes d’information. Des directives seront publiées et diffusées à l’ensemble de la population pour informer les citoyens des nouvelles mesures quotidiennes à suivre pour contenir autant que faire se peut les risques liés au virus et reprendre les activités économiques et sociales. 
L’activation renforcée des trois piliers de la gestion de crise sanitaire – l’identification des clusters, le système de santé et la responsabilité civique – permettra une reprise de l’activité économique et sociale.
Des restrictions à l’entrée sur le territoire japonais sont émises pour onze nouveaux pays (voir la liste sur le compte rendu de la 36ème réunion – publications officielles). Au total 111 pays font l’objet de mesures de restriction à l’entrée sur le territoire japonais. Les ressortissants des pays listés qui sont autorisés à entrer sur le territoire japonais seront testés et mis en quarantaine. Les mesures renforcées de quarantaine, la suspension des visas, la restriction des vols aériens et du nombre de passagers appliquées initialement jusqu’à la fin du mois de mai seront appliquées jusqu’à la fin du mois de juin et pourront faire l’objet d’un renouvellement.

Le 27 mai, le Cabinet du Premier ministre approuve la proposition du second budget supplémentaire qui s’élève à 31 910 milliards yens (266 milliards d’euros). Ce budget inclut un programme de mesures économiques de 17 000 milliards de yens (141,7 milliards d’euros). Moins d’un mois après la première révision du budget, cette nouvelle proposition fera l’objet d’un examen parlementaire le 12 juin. Le package total des mesures économiques déployé par le gouvernement depuis le début de la crise sanitaire s’élèverait à 230 000 milliards de yens. Ce budget est sans précédent au Japon et en comparaison internationale. 
Ce second budget servira en priorité à soutenir les entreprises via notamment des subventions journalières pour maintenir les emplois des salariés dont l’activité est suspendue (15 000 yens au lieu de 8 330 yens jusqu’à présent), des subventions pour le paiement des loyers pendant six mois et jusqu’à 6 millions de yens ; les personnels de santé recevront des allocations de 100 000 yens et de 200 000 yens. Une aide de 100 000 yens sera versée à plus de 400 000 étudiants universitaires pour couvrir la perte des revenus consécutive aux conséquences de la crise sur les emplois précaires et temporaires. Des mesures financières seront également appliquées par l’intermédiaire des organismes financiers publics et privés18

Le 29 mailors du 15ème comité consultatif les questions relatives à la seconde vague sont analysées et synthétisées dans une longue liste de 50 points, mentionnant par exemple les mesures déployées pour augmenter les capacités de test de dépistage, la prise en charge des cas asymptomatiques, la préparation en amont des capacités d’accueil des hôpitaux, la surveillance accrue des personnes âgées considérées comme personnes à risque (hôpitaux, maison de retraite, etc.), la mise en route rapide des procédures d’identification des clusters. Le cas de Kita-Kyūshū est examiné avec beaucoup d’attention (voir le compte-rendu du 15ème comité consultatif) où le gouverneur a demandé aux citoyens de limiter les sorties, appliquant de nouveau les mesures de restrictions volontaires pour lutter contre la propagation du virus.

Les conséquences de la crise sanitaire sur l’emploi font l’objet de nombreuses analyses. Selon le ministère du Travail, de la Santé et des Affaires sociales, plus de 10 000 cas de licenciement et/ou de non renouvellement des contrats sont recensés fin mai19. Le Keidanren, en réponse aux directives émises par le ministère pour soutenir l’emploi, demande aux entreprises de renouveler dans la mesure du possible les contrats des travailleurs temporaires (haken rōdōsha). Si les contrats ne peuvent pas être renouvelés, les entreprises sont encouragées à aider les travailleurs dans leur démarche de recherche d’emploi, notamment par le maintien du logement mis à leur disposition par l’employeur. La capacité des entreprises et de l’État à absorber les conséquences socioéconomiques de la crise liée au Covid-19 dépendra en grande partie de la capacité du gouvernement à pérenniser certaines formes de coordination entre les acteurs économiques.
Selon le livre blanc 2020 dédié au « monozukuri » publié par le METI dans le contexte de crise sanitaire et de tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis, les entreprises japonaises doivent relever les défis qui s’imposent à elles en oeuvrant au changement et en s’adaptant au nouveau contexte post-Covid-19 (https://www.meti.go.jp/press/2020/05/20200529001/20200529001.html). Parmi ces défis, la diffusion de nouvelles méthodes de travail comme le télétravail fait l’objet d’un vif intérêt. Selon une enquête réalisée par la NHK du 19 au 29 mai sur un panel de 100 grandes entreprises dans différents secteurs d’activité, 82,1 % des répondants disent avoir (eu) recours aux nouvelles manières de travailler encouragées par le gouvernement, comme le télétravail ; 54,7 % projettent de développer ces méthodes de travail ; 17,9 % de maintenir le rythme actuel ; 10, 5% de le réduire20.

À la suite du comité consultatif pour les questions économiques et financières organisé le 29 mai, Le PLD propose le 31 mai un projet au gouvernement présentant différentes mesures pour développer les nouvelles méthodes de travail comme le télétravail et accélérer le processus de numérisation de l’économie. Ce projet de proposition de réformes vise à tirer les enseignements de la gestion de la crise sanitaire et du contexte international marqué par les tensions  commerciales entre la Chine et les États-Unis, afin de répondre aux enjeux futurs21.

Fig. 3
Plans de soutien à l'économie japonaise
20200622 fig 3 plans de soutien
Source : Réalisée par l’auteure à partir des publications officielles (voir rubrique Publications officielles)

 

Le 2 juin, pour répondre à la hausse du nombre de nouveaux cas de contamination (34 cas à Tokyo), la gouverneure de Tokyo, Y. Koike déclare l’état d’alerte pour Tokyo. Cette déclaration vise à élever le niveau de vigilance contre la propagation du virus (l’état d’alerte est levée le 11 juin). 
Le 1er juin, Y. Koike avait pourtant déclaré le « niveau 2 » des restrictions économiques et sociales, correspondant à une levée progressive des mesures de vigilance.

Le 12 juin, les deux Chambres ont voté la proposition de second budget additionnel dont le montant est sans précédent à la fois pour un budget additionnel et en comparaison internationale.
Y. Koike déclare le « niveau 3 » des restrictions économiques et sociales, correspondant à un assouplissement des limites appliquées aux horaires d’ouverture des restaurants, bars et différents établissements de divertissement nocturnes. Les restrictions devraient être levées le 19 juin. Si l’importance de poursuivre la politique de lutte contre la propagation du Covid-19 est mentionnée, une place majeure est donnée à la relance de l’activité économique et sociale.

Le 15 juin, au cours du débat parlementaire portant sur les mesures économiques, politiques et sociales nécessaires pour faire face à une deuxième vague, S. Abe mentionne la possibilité d’envisager une révision de la loi régissant l’état d’urgence pour renforcer notamment les sanctions pénales, tout en rappelant qu’une réforme de cette ampleur entrainerait une restriction des libertés individuelles nécessitant par conséquent une réflexion importante.
Le nombre de nouveaux cas dépasse la quarantaine depuis deux jours consécutifs. Selon les trois critères énoncés par le gouvernement pour évaluer le niveau de risque, deux répondent aux conditions déterminées pour déclarer l’état d’alerte. La décision de ne pas déclarer l’état d’alerte fait donc l’objet de plusieurs critiques. L’identification des voies de contamination dans plus de la majorité des cas et la diminution du nombre de personnes hospitalisées permettant aux hôpitaux de recouvrer une certaine stabilité, expliquerait la décision de poursuivre la levée des restrictions appliquées pour lutter contre la propagation du virus.

Le 17 juin, la session ordinaire de la Diète s’achève suscitant de nombreuses critiques à l’égard du manque de réponses apportées par le gouvernement aux questions posées par les parlementaires à l’égard notamment de la politique de gestion de crise sanitaire, du manque de transparence relatif à l’utilisation du second budget additionnel, des nombreux scandales politico-financiers dans lesquels le gouvernement est impliqué entre autres. Des critiques sont également formulées à l’égard du manque de transparence relative à la divulgation des informations dans la gestion de la crise sanitaire. Malgré la fermeture de la Diète, les partis de l’opposition et de la majorité se sont entendus pour organiser une session spéciale hebdomadaire devant laquelle le gouvernement devra continuer de répondre.

Le 18 juin, le gouvernement lève partiellement les restrictions concernant l’entrée sur le territoire japonais. L’autorisation d’entrer sur le territoire japonais est soumise à plusieurs conditions, notamment l’obligation d’effectuer un test de dépistage avant le départ. La levée partielle des restrictions est appliquée pour les déplacements entre le Japon et les pays dont le niveau de risque de contamination est considéré comme modéré. À ce jour, les déplacements sont autorisés entre le Vietnam, Taiwan, la Nouvelle-Zélande et l’Australie.

Le 19 juin, levée des restrictions relatives aux déplacements inter-régionaux pour l’ensemble du pays. Mise à disposition par le ministère du Travail, de la Santé et des Affaires sociales de l’application « COCOA » qui vise le traçage des personnes-contact en cas de contamination. Le respect des données personnelles a fait l’objet d’une vigilance particulière en comparaison notamment des systèmes équivalents développés dans les autres pays d’Asie comme Singapour.

Les 18 et 29 juin, lors des 38ème et 39ème réunions du Siège pour les mesures de lutte contre la propagation de la Covid-19, les conditions de sortie et d’entrée sur le territoire japonais sont précisées. 

Le 18 juin, la Tech team pour les mesures de lutte contre la propagation du virus se réunit pour évoquer les conséquences économiques en procédant à des simulations pour envisager l’impact des restrictions en fonction des secteurs d’activité.

Le 19 juin, le 17ème comité scientifique consultatif se réunit pour analyser les risques de propagation du virus lors d’une « seconde vague » et préparer le système de santé et de soins médicaux. 

Le 3 juillet, lors de la 40ème réunion du siège, la suspension du comité scientifique consultatif (organisé depuis le 14 février 2020) est officiellement annoncée.

Le 6 juillet, le gouvernement met en place une sous-commission dédiée aux mesures de lutte contre la propagation de la Covid-19 pour prendre la suite du comité scientifique consultatif (cf. rubrique « publications officielles »). Cette nouvelle commission a pour objectif de discuter des mesures de lutte contre la diffusion du virus, dans la continuité du comité scientifique, en intégrant davantage les enjeux économiques et sociaux inhérents au contexte de crise actuel. Lors de la première commission, les discussions ont porté dans un premier temps sur la situation sanitaire de Tokyo où le nombre des nouvelles contaminations augmente régulièrement. Ensuite, les membres de la commission ont discuté des mesures de relance économique applicables tout en maintenant un niveau élevé de vigilance sanitaire. Enfin, les membres se sont concentrés sur les mesures de lutte contre la diffusion de la Covid-19 pour faire face à une seconde vague, en développant les questions relatives à la capacité de test, aux enquêtes épidémiologiques et au traitement des données.

Le 8 juillet, le gouvernement publie une note à l’attention des gouverneurs locaux au sujet des directives relatives aux mesures de lutte contre la propagation de l’épidémie de Covid-19. À partir du 10 juillet l’ensemble des mesures appliquées pendant l’état d’urgence doit être levé. Cependant, dans le contexte de hausse des nouvelles contaminations et de l’apparition de plusieurs clusters, les gouverneurs locaux sont invités à réagir rapidement en fonction de l’évolution de la situation sanitaire. Si un cluster est identifié, il est nécessaire d’informer le gouvernement central, et de demander au plus vite la coopération des citoyens pour restreindre les sorties et les déplacements.

Le 14 juillet l’Advisory board composé de scientifiques et d’experts publie son troisième compte rendu pour le ministère du Travail, de la Santé et des Affaires sociales au sujet notamment de la hausse des nouveaux cas de contamination à Tokyo et dans tout le pays (cf. « publications officielles »). Le pourcentage des cas dont les voies de contamination ne sont pas identifiées est de 43% à Tokyo, reflétant une augmentation rapide en l’espace d’une semaine. Si la propagation du virus était au départ identifiée dans les bars et les restaurants, et les réunions entre amis, concentrée surtout chez les jeunes (entre 20 et 30 ans : trois quart des contaminations), depuis plusieurs jours, on constate une hausse des contaminations chez les personnes de plus de 60 ans (5 % des nouvelles contaminations). Le taux d’hospitalisation est passé de 5 % à  20 % en une semaine (entre le 7/07 et le 13/07) à Tokyo et le taux de symptôme grave est de 2% à Tokyo et 1 % au niveau national.
Entre le 29 juin et le 5 juillet, 48 776 tests ont été réalisés (soit une augmentation de 6 880 test en une semaine), à Tokyo 15 195 tests ont été réalisés (2,2% des testés sont positifs au niveau national et à Tokyo le taux est de 4,3 %).  Depuis le 13 juillet, le taux est de 6 % (du 13 avril au 19 avril, le taux de testés positifs était de 9 % à Tokyo, et 7,6 % au niveau national). Les capacités de test ont augmenté depuis la mi-avril (de 11 000 tests à 31 000 tests) en incluant les tests de détection des anticorps, le taux des personnes testées positif est encore bien en-deçà du niveau pendant l’état d’urgence. 
Si la situation n’est pas jugée comparable avec celle du mois d’avril-mai, le gouvernement a toutefois augmenté les capacités d’accueil des hôtels pour mettre en quarantaine les nouveaux cas de contaminés afin d’éviter la propagation du virus vers les populations à risques, notamment les personnes âgées. L’évolution de la situation nécessite une augmentation des capacités humaines et matérielles des centres de santé qui sont de nouveau très sollicités.

L’OMS a émis le 9 juillet de nouvelles directives concernant les lieux à mauvaise ventilation. Selon ces directives le gouvernement japonais a renforcé sa communication pour sensibiliser les citoyens à la lutte contre la propagation, moins visible, du virus. En prenant en considération le décalage entre l’apparition des nouveaux cas et la demande d’hospitalisation, il est nécessaire de préparer dés maintenant les hôpitaux et les centres de soins à l’afflux éventuels de cas à symptômes graves. L’advisory board est chargé de suivre l’évolution de la situation régulièrement pour en informer le gouvernement central afin d’éviter une situation comparable à celle du mois de mars-avril. 
Des directives sont émises à l’attention des bars et des restaurants, des applications pour smart phone sont téléchargeables sur le site du gouvernement pour renforcer le traçage des personnes contact.

Le 16 juillet, les membres de la sous-commission dédiée aux mesures de lutte contre la propagation de la Covid-19se réunissent pour la deuxième fois. L’ordre du jour défini par le gouvernement central porte d’abord sur l’analyse et l’évaluation de la situation sanitaire à Tokyo. M. Nishimura (Ministre de la Revitalisation économique) précise en introduction que le nombre de contamination augmente en grande partie à cause de la hausse du nombre de tests, effectués en priorité sur les personnes qui fréquentent les restaurants, les bars, et les clubs dans des zones spécifiques. Néanmoins la situation s’apparenterait de plus en plus à celle du mois d’avril. Nishimura demande donc aux membres de la commission leur avis et leur analyse sur les mesures à prendre pour enrayer cette montée des nouveaux cas, pour préparer le système de santé et les établissements de soins médicaux. Il est ensuite question de la campagne « Go to » destinée à promouvoir le tourisme intérieur, ainsi que de l’organisation des événements. Le développement des vaccins et des traitements fait l’objet du point suivant. Les mesures relatives à l’entrée sur le territoire japonais des voyageurs se rendant à l’étranger sont également discutées. 

La gouverneure de Tokyo, Koike Y. a énoncé le 17 juillet les nouvelles directives mises en place au niveau de la métropole pour lutter contre la propagation du virus. Une communication régulière sur les mesures ciblées à destination surtout des restaurants, des bars, et des lieux de loisirs viennent compléter les directives nationales : c’est donc au prix d’un certain travail de réflexion que des directives précises sont appliquées au cas par cas permettant au gouvernement d’éviter de mettre en place une restriction généralisée des libertés individuelles reposant sur la coopération de tous les citoyens, comme cela est répété régulièrement par les pouvoirs publics.

Le 22 juillet, la sous-commission dédiée aux mesures de lutte contre la propagation de la Covid-19 se réunit pour la troisième fois. La hausse des cas, qui s’explique en grande partie par l’augmentation des capacités de test, entraîne une hausse des hospitalisations et des mises en quatorzaine. Bien que le nombre de personnes présentant des symptômes graves soit encore faible, un renforcement des capacités d’accueil des hôpitaux et des structures hôtelières est évoqué par les membres de la commission. Le renforcement des capacités des centres de santé à traiter les informations et à gérer les personnes-contact est également souligné. L’augmentation du nombre des nouvelles contaminations est encore majoritairement liée aux lieux de rassemblement entre amis, collègues, famille (restaurant, bars, karaoké, etc.) qui font l’objet d’une vigilance accrue de la part du gouvernement central et des gouverneurs locaux. La concentration des cas parmi les jeunes (20-30 ans) est une tendance qui continue de se confirmer. Les autorités publiques se coordonnent pour diffuser un discours simple auprès des citoyens sur les san-mitsu (les 3C).

Le 31 juillet, la sous-commission dédiée aux mesures de lutte contre la propagation de la Covid-19 se réunit pour la quatrième fois. En réponse à la hausse continue des nouvelles contaminations, le gouvernement émet des mesures spécifiques pour lutter contre la formation de cluster dans les restaurants, les bars, les karaoke, en ciblant surtout les grandes villes et certains quartiers en fonction des résultats des enquêtes épidémiologiques. Les facteurs de propagation du virus sont toujours liés aux 3C et aux échanges sans masque à voix haute qui augmentent le risque de diffusion du virus en cas de contamination. Il est précisé que le niveau de risque est nettement plus faible dans les transports en commun, les magasins qui respectent les mesures préventives, et les lieux en extérieur. Le récapitulatif des trois niveaux d’alerte est publié pour expliquer aux citoyens les critères qui définissent le niveau de risque et les mesures correspondantes. 

Le 7 août, la sous-commission dédiée aux mesures de lutte contre la propagation de la Covid-19 se réunit pour la cinquième fois. L’augmentation du nombre des contaminations et la propagation rapide du virus dans les régions rappellerait de plus en plus la situation du mois d’avril, bien que le nombre d’hospitalisation reste encore inférieur en comparaison des mois d’avril et mai. On observe une augmentation des cas dont les voies de contamination ne sont pas identifiées et des clusters au sein des catégories d’âge plus élevées. La politique de gestion du risque lié à la propagation du virus repose sur l’articulation de cinq mesures préventives: l’évaluation rapide du risque, l’identification rapide des clusters, l’encouragement des comportements préventifs de la part des citoyens (les 3C), le renforcement des centres de santé, des capacités d’accueil et de soins des hôpitaux et des structures hôtelières, et l’application ciblée des mesures.

Le 21 août, la sixième réunion de la sous-commission dédiée aux mesures de lutte contre la propagation de la Covid-19 porte surtout sur l’avancée des recherches de vaccin et de traitement de la Covid-19.

Le 24 août, la sous-commission dédiée aux mesures de lutte contre la propagation de la Covid-19 se réunit pour la septième fois. L’évolution des contaminations dans les foyers à risque est à la baisse montrant des signes encourageants. L’épidémie semblerait de nouveau être sous contrôle. Cependant, le nombre des hospitalisations continue d’augmenter. Plusieurs simulations sont effectuées pour comprendre comment se propagerait le virus dans un restaurant afin d’appliquer les mesures les mieux adaptées au niveau de risque. Par exemple, le port du masque, l’écran facial et les cloisons transparentes entre les clients attablés sont testés afin d’évaluer leur efficacité et réduire au maximum les risques lors des interactions sociales. 
Des mesures sont également prises contre les discriminations à l’égard des personnes contaminées par le renforcement entre autres de la protection des données personnelles. Les discussions sont croisées avec les comptes rendus publiés après chaque advisory board et relayés par le ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales.

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Chronologie 1 (du 5 janvier au 4 mai 2020)

Chronologie des mesures prises par le gouvernement japonais pour lutter contre la propagation du Covid-19

Par Adrienne Sala
mise à jour le 09/06/2020

 

Le 5 janvier 2020, l’OMS publie une note informative sur l’émergence en Chine, dans la ville de Wuhan, province du Hubei, d’une maladie respiratoire dont les causes sont encore inconnues (https://www.who.int/csr/don/05-january-2020-pneumonia-of-unkown-cause-china/en/). 

Le 6 janvier, le ministère de la Santé, du Travail et du Bien-être publie une note informative sur la situation des patients chinois en coordination avec l’Institut national des maladies infectieuses (https://www.mhlw.go.jp/stf/newpage_08767.html). Des premières recommandations sont formulées à l’attention des voyageurs en provenance de Wuhan qui présenteraient des symptômes (fièvres, courbatures, difficultés respiratoires). Le port du masque et la consultation médicale sont recommandés. Le ministère de la Santé publie également une note à l’attention des gouvernements locaux pour faciliter la coordination entre les centres de santé, les organismes médicaux au niveau local, et l’Institut national des maladies infectieuses afin de conduire des analyses sur les cas avérés (https://www.mhlw.go.jp/content/10900000/000582709.pdf).

Le 10 janvier, l’Institut national des maladies infectieuses publie un document sur les mesures à adopter face à la maladie respiratoire, dont les causes sont inconnues, apparue dans la ville de Wuhan, province du Hubei, Chine (中国湖北省武漢市で報告されている原因不明の肺炎に対する対応と院内感染対策 ). Sont mentionnés les symptômes, le temps d’incubation, les recommandations (distance sociale de deux mètres, port du masque chirurgical, etc.), et les mesures à adopter en cas d’hospitalisation. 
Les organismes médicaux doivent reporter les cas auprès des centres de santé locaux dans le cadre d’une coordination renforcée entre les centres de santé, les gouvernements locaux, le ministère de la Santé et l’Institut national des maladies infectieuses.

Entre le 15 et le 21 janvier, l’institut national des maladies infectieuses publie trois notes informatives (https://www.niid.go.jp/niid/ja/diseases/ka/corona-virus/2019-ncov/2484-idsc/9310-2019-ncov-01.html) actualisées en fonction de l’avancée des recherches médicales, épidémiologiques et virologiques. 
Les premières directives sont publiées dans le document du 21 janvier, notamment la conduite de tests génétiques conformément à l’article15 de la loi sur les Maladies infectieuses pour les personnes qui sont en contact proche avec les cas confirmés. Dans le cadre du système de surveillance, il est possible de tester les porteurs potentiels du virus sans que leur lien avec la ville de Wuhan n’ait été vérifié. Les tests sont réalisés au sein de l’Institut, mais une diffusion des tests est mise en place auprès des centres de santé locaux. La priorité est donnée aux cas d’infections avancées pour les prendre en charge rapidement. 

Le 21 janvier, la première réunion sur les mesures de lutte contre la propagation du Covid-19 est organisée au sein du gouvernement. Les premières analyses chiffrées du nombre de personnes infectées en fonction des pays sont publiées. Les mesures suivent les directives publiées par l’Institut national des maladies infectieuses : les personnes entrant sur le territoire japonais en provenance de régions à risques sont soumises à un examen pour vérifier leur état de santé ; des dispositions sont prises pour faciliter l’examen des patients détectés au sein de l’Institut national des maladies infectieuses ainsi que pour retracer l’ensemble des personnes avec lesquelles ils ont été en contact (examen épidémiologique) ; la diffusion et le partage des informations avec les autres pays est souhaitée afin de renforcer la coopération internationale au maximum ; enfin, la diffusion des informations auprès des citoyens est nécessaire pour donner le maximum de transparence et rassurer les citoyens.

Le 23 janvier, une deuxième réunion est organisée suite à l’évolution du nombre de cas (deux cas confirmés – vingt-trois personnes ont été en contact avec eux et font l’objet d’un examen). Le gouvernement renforce les mesures de lutte contre la propagation du Covid-19, notamment les dispositifs pour effectuer les enquêtes épidémiologiques, et le déploiement d’infrastructures pour que les analyses conduites jusqu’alors au sein de l’Institut national des maladies infectieuses soient réalisables dans les centres de recherche régionaux. Le niveau de risque appliqué au voyage en Chine est passé de 1 à 2 (uniquement si le déplacement est vraiment nécessaire).

Le 30 janvier, la première publication officielle émanent de la cellule de crise gouvernementale est publiée (voir liste des publications officielles). Le 16 février, le premier comité consultatif des experts publie son compte rendu et le 25 février, la deuxième publication officielle émanant de la cellule de crise gouvernementale est publiée, en coordination avec le comité consultatif. D’après ses deux documents, les mesures prises s’articulent autour de trois piliers :

  • Identification des clusters
  • Expertise scientifique et amélioration du système de santé
  • Responsabilité civique

L’ensemble des mesures sont prises en coordination avec le ministère de la Santé, les gouvernements locaux, les centres de santé, les organismes médicaux au niveau local et l’Institut national des maladies infectieuses.

Selon le document publié le 30 janvier, neuf cas sont officiellement connus. Les enquêtes épidémiologiques ont permis de retracer la chaîne de contamination (voir p. 2 du document daté du 30 janvier 2020). Les infrastructures et le savoir-faire sont, à ce stade, les mêmes que ceux utilisés pour lutter contre les maladies infectieuses. 

Selon le document publié le 25 février, il y a très peu de cas dont on ne peut pas identifier les voies de transmission. L’identification de clusters est donc une des priorités pour lutter contre la propagation du virus. Ensuite, pour faire face à une augmentation possible du nombre de patients, les capacités d’accueil et de soins des hôpitaux publics sont renforcées comme l’équipement de dispositifs d’assistance respiratoire. L’avancée des connaissances en matière de traitement fait l’objet d’un investissement prioritaire. 
Enfin, des recommandations à l’attention des citoyens sont diffusées comme les règles d’hygiène (lavage de mains, éternuement, toux), le port du masque, l’évitement des lieux collectifs, l’auto-confinement en cas de symptômes (rhume, grippe compris). Le gouvernement demande une mobilisation de la société japonaise en faisant appel à la responsabilité civique pour prévenir le risque de diffusion du Covid-19. L’ensemble de ces mesures a pour objectif de contenir la propagation du virus et de réduire les effets socioéconomiques.

Fig. 1
Politique de lutte contre la propagation du Covid-19 
2020 04 20fig1 politique de lutte contre la propagation du covid 19
Source : Réalisée par l’auteure à partir des publications officielles (voir rubrique Publications officielles)

Le 27 février, deux jours après la deuxième publication émanent de la cellule de crise, le Premier ministre Abe Shinzō déclare la fermeture des écoles. Cette décision suscite de vives critiques relayées par la presse. Cette mesure arbitraire n’aurait fait l’objet d’aucune concertation avec le ministère de la Santé, le ministère de l’Éducation, et le comité consultatif des experts1. En dépit de l’absence de fondement juridique contraignant, la fermeture des écoles et l’annulation des événements collectifs demandées par le Premier ministre fin février ont été majoritairement suivies par la population2.

Le 28 février, le gouverneur de Hokkaidō, Naomichi Suzuki, déclare l’état d’urgence3.

Le 11 mars, deux experts scientifiques interviennent à la Diète sur les mesures prises par le gouvernement. Selon Omi Shigeru, Président du comité consultatif des experts, le dépistage des cas avancés doit être la priorité, limitant de fait le nombre de tests effectués. Kami Masahiro, Président du conseil du centre de recherche sur la gouvernance médicale, souligne quant à lui l’importance d’effectuer le maximum de tests possibles pour obtenir des données statistiques4.

Le 13 mars, la loi de Mesures spéciales contre les maladies infectieuses est révisée et appliquée le 14 mars pour une durée de deux ans5. Le gouvernement peut déclarer l’état d’urgence sanitaire en se fondant sur cette loi6. Il peut notamment demander aux citoyens de rester chez eux, fermer temporairement les écoles, les lieux publics et les entreprises. Les préfectures peuvent exproprier des terres pour construire des hôpitaux d’urgence temporairement. 

Le 17 mars, mise en place du « Siège » (honbu) pour les mesures de lutte contre la propagation du Covid-19 au sein du secrétariat du Cabinet du Premier ministre. La mise en place de cette structure décisionnelle s’appuie sur l’article 15 de la loi de Mesures spéciales contre les maladies infectieuses pour répondre à l’accélération de la propagation du Covid-19 et à la montée des incertitudes socioéconomiques.

Le 18 mars, les premières mesures d’urgence sont prises par le « Siège » pour faire face à la montée de l’incertitude qui touche la vie quotidienne (https://www.kantei.go.jp/jp/singi/novel_coronavirus/th_siryou/kinkyutaiou3_corona.pdf). Les quatre mesures principales sont :

  1. la mise à disposition de prêts d’urgence, dont le montant est limité à 200 000 yens, destiné surtout aux travailleurs indépendants ;
  2. le report du paiement des charges fixes (électricité, eau, gaz, téléphonie mobile, redevance NHK, etc.) ;
  3. le report du paiement des taxes et des cotisations sociales ;
  4. le report du paiement des impôts locaux.

Le 19 mars le compte rendu de la huitième réunion du comité consultatif des experts est publié dans un contexte mondial de pandémie où l’état d’urgence sanitaire lié à la propagation du Covid-19 est déclaré dans plusieurs pays du monde.
L’articulation des mesures de lutte contre la propagation du Covid-19 autour des trois piliers est maintenue : identification des clusters, expertise scientifique et amélioration du système de santé, responsabilité civique. Bien que la corrélation scientifique soit difficile à établir, les efforts des citoyens pour respecter les recommandations émises par le gouvernement (hygiène, masque, télétravail, limitation des sorties), la fermeture des écoles et l’annulation ou le report des évènements, semblent avoir été efficaces pour ralentir la propagation du Covid-19.
Le rapport mentionne néanmoins l’apparition de cas non identifiés, hors cluster, et une hausse des nouveaux cas dans les trois grandes villes de Tokyo, Osaka, Nagoya. Cette tendance indique le début d’une nouvelle vague de cas localisés dans certaines régions et dont les symptômes peuvent être sévères. L’apparition de gros clusters au sein desquels les voies de transmission du virus ne peuvent plus être identifiées risque d’entraîner une situation comparable à celle que vivent l’Italie, l’Espagne et la France, nécessitant le confinement de la population.
Dans ce contexte, le comité recommande un renforcement des mesures de prévention face à la formation de nouveaux clusters comme une augmentation des budgets accordés au système de santé, une plus grande coordination entre les gouvernements locaux et régionaux, la création d’un système de partage des informations entre les gouvernements locaux pour gérer le risque d’infection en fonction des régions. Enfin, une augmentation des capacités de tests de dépistage est mise en œuvre.

Le 20 mars, le gouvernement décide de la réouverture des écoles. Le ministre de l’Éducation, Hagiuda Kōichi énonce les différentes recommandations que les élèves et les professeurs doivent suivre, notamment la prise de température, le port d’un masque, le lavage de mains, le respect d’une distance sociale, l’aération régulière des salles de classe.

Le 26 mars, le compte rendu de la 23ème réunion du « Siège » pour les mesures de lutte contre la propagation du Covid-19 est publié. Le premier cas est dépisté le 15 janvier, et le 25 mars à 18 h, 1 292 cas sont recensés. On observe une augmentation rapide du nombre de nouveaux cas dans les grandes villes, du nombre de patients dont on ne peut pas retracer la route de contamination, du nombre de personnes contaminées dans les organismes de soins dédiés aux personnes âgées. 80 % des patients présentent des symptômes légers et 5 % des patients dont les symptômes sont graves se trouvent dans une situation critique. 

Dans ce contexte, le gouvernement publie les nouvelles mesures de lutte renforcée contre la propagation du Covid-19.
Quatre mesures principales sont énoncées : 

  1. Restriction de l’entrée sur le territoire japonais des voyageurs en provenance de 21 pays d’Europe et d’Iran ;
  2. Renforcement des mesures de mise en quarantaine pour les voyageurs en provenance de 7 pays d’Asie du Sud-Est, d’Israël, du Quatar, de la République du Congo, du Barhain ;
  3. Suspension des visas émis dans les pays cités ci-dessus à partir du 28 mars 2020 ;
  4. Renforcement et extension de la période d’application des mesures émises à l’égard de la Chine et de la Corée du Sud jusqu’à la fin du mois d’avril (voir initialement le document publié suite à la 17ème réunion du Siège).

Fig. 2
La politique de gestion de crise sanitaire face au Covid-19​

2020 05 18 fig 2 la politique de gestion de crise sanitaire face au covid 19
Source : Réalisée par l’auteure à partir des publications officielles (voir rubrique Publications officielles)

Le 28 mars, le compte rendu de la 24ème réunion du « Siège » pour les mesures de lutte contre la propagation du Covid-19 est publié. 
Le ministère de la Santé met à disposition les analyses sur l’évolution du nombre de cas avérés et hospitalisations. Dans le cadre du premier pilier des politiques de lutte contre la propagation du Covid-19 – Identification des clusters – différentes structures locales sont déployées au sein des centres de santé (Health center  hokenjō) pour contacter les personnes revenues au Japon après un séjour à l’étranger et retracer les voies de transmission. Entre le 3 février et le 26 mars, un grand nombre de personnes (282 671) ont été prises en charge par ces centres de conseil (sōdan sentā) qui sont disponibles sans interruption (24 h/24). 
Dans le cadre du deuxième pilier – Adaptation du système de santé – un grand nombre de structures hospitalières est préparé au niveau national (1059) dont une partie est dédiée exclusivement aux maladies infectieuses (412).
Suite à l’augmentation des cas dont les voies de transmission ne sont pas identifiables, et à l’augmentation des cas importés, le risque de propagation du virus a fortement augmenté, le gouvernement demande donc aux citoyens un confinement volontaire (éviter les sorties qui ne sont pas nécessaires et les contacts) conformément au troisième pilier de sa politique – Responsabilité civique. Par exemple, le week-end du 29 et 30 mars la gouverneure de Tokyo, Koike Yuriko, a recommandé aux habitants de la capitale de limiter les sorties et les déplacements (fermeture d’un grand nombre de bars, de karaokés, de cinémas, encouragement du télétravail). Les gouverneurs des préfectures de Chiba, Saitama et Aichi ont demandé de limiter les déplacements vers Tokyo.
Pour permettre aux hôpitaux de faire face à l’afflux des patients présentant des symptômes sévères, des mesures spéciales seront déployées pour soutenir le système de santé. Le gouvernement demande la mobilisation de l’ensemble des acteurs : le gouvernement, les organismes publics locaux, les personnels de santé, les experts, les entreprises et les citoyens. 
Le gouvernement renforce trois directives majeures 

  1. La mise à disposition et le partage des informations pour identifier les clusters au niveau local et ralentir la contagion ;
  2. Renforcer le système de surveillance et de soins médicaux pour prendre en charge les cas dont les symptômes sont sévères et  freiner leur hausse ;
  3. Limiter les conséquences de la propagation du virus sur l’économie et la société en déployant des mesures de grande ampleur pour soutenir l’emploi et les structures les plus vulnérables (freelance, TPE, etc.). 

Le gouvernement s’engage à fournir les équipements nécessaires au personnel soignant (masque, solution hydraulique, équipements, etc ). L’approvisionnement, en quantité limitée, d’une partie de ces équipements pour les citoyens (masques) est également maintenu.

Le 1er avril, à la suite du 10ème comité de consultation des experts, et de la 25ème réunion du « Siège » pour les mesures de lutte contre la propagation du Covid-19, les nouvelles directives renforcées de lutte contre la propagation du Covid-19 sont publiées. 
Depuis le 26 mars, le nombre de nouveaux cas dépasse les 100 cas par jour, et le 31 mars, ce nombre a dépassé les 200 cas. Selon le comité des experts, le Japon n’est pas pour le moment dans une situation comparable à celle de nombreux pays d’Europe et des États-Unis où le nombre de cas augmente excessivement (over shoot). Cependant, le nombre de clusters augmente rapidement dans les grandes villes notamment Tokyo et Osaka. 
Depuis la mi-mars, le nombre de cas importés a nettement augmenté. Des clusters sont identifiés au sein des toutes les catégories d’âge. Des clusters sont identifiés parmi des étudiants qui reviennent d’un séjour à l’étranger, au sein des hôpitaux, des organismes sociaux, les personnes âgées, des lieux de sorties nocturnes (bars, karaokés, etc). Plusieurs clusters ne sont pas entièrement identifiés.
Dans ce contexte, le renforcement du système de santé (capacité des structures hospitalières [lits], soins médicaux, service d’urgence, etc.) fait l’objet de toutes les préoccupations. 
Les 47 départements du Japon sont réparties en trois catégories, définies en fonction de trois critères : le nombre de nouveaux patients ; le nombre de patients dont les voies de transmission sont inconnues ; le nombre de cas importés (et les personnes qui ont été en leur contact) ayant fait l’objet d’un examen médical. 

  • Catégorie 1 : Départements où l’augmentation rapide du nombre de cas appelle une vigilance renforcée.
  • Catégorie 2 : Départements où les cas sont identifiés.
  • Catégorie 3 : Départements où le nombre de cas identifiés est faible ou nul.

Cette répartition permet un ajustement ciblé des mesures à prendre en fonction de la situation locale. Les écoles seront fermées dans les régions de la première catégorie (par exemple Tokyo, Osaka). Des mesures spécifiques continuent d’être prises pour limiter les risques en fermant les lieux de rassemblement, en demandant aux citoyens d’éviter les lieux clos, et de garder une distance sociale.
Le manque de communication des experts à l’égard des citoyens pour transmettre la conscience du risque a été souligné. Il est envisagé de recourir aux applications mobiles et aux SMS pour améliorer la communication avec les citoyens sur leur état de santé entre autres.

Le 2 avril, le Premier ministre Abe s’exprime devant la Chambre des représentants réunis en séance plénière pour présenter le nouveau budget dans le cadre des mesures d’urgence de lutte contre la propagation du Covid-19 et le grand plan de soutien de l’économie et des emplois (supérieur aux mesures prises après la crise de 2008)7. Il évoque aussi la possibilité de renforcer les dispositifs juridiques dont le droit pénal pour faire appliquer l’état d’urgence sanitaire8. Le ministre de la Santé annonce que plusieurs entreprises ont commencé depuis le 31 mars à développer des traitements médicaux à partir d’un médicament existant contre la grippe (Avigan). Le 3 avril, le Premier ministre présente le nouveau budget devant la Chambre des conseillers.

Le 7 avril, en réponse à l’augmentation du nombre de nouveaux cas dont les voies de transmission ne sont pas identifiées (le 6 avril à Tokyo parmi les 83 nouveaux cas, 88 % des voies de transmission ne sont pas identifiées) et à l’élévation consécutive du niveau de risque, conformément à la loi de Mesures spéciales contre les maladies infectieuses, le gouvernement déclare l’état d’urgence sanitaire pour sept préfectures du Japon (Tokyo, Saitama, Chiba, Kanagawa, Osaka, Hyōgo, Fukuoka). La loi ne prévoit pas de mesures de coercition pour appliquer l’état d’urgence9. L’activation à un degré avancé de la responsabilité civique est donc enclenchée grâce à une coordination institutionnelle entre les sphères politique, administrative, les entreprises et la société civile. En parallèle, le grand plan de mesures économiques d’urgence, dont le budget s’élève à 108,2 billions de yens (915 milliards d’euros) est déployé pour soutenir tous les secteurs de l’économie et les ménages qui sont impactés par la crise sanitaire.

Les mesures appliquées dans le cadre de l’état d’urgence visent à diminuer les interactions sociales de 80 %. Le confinement volontaire est demandé aux citoyens et repose sur plusieurs mesures appliquées à partir du 11 avril à Tokyo : fermeture des écoles (primaires, collèges et lycées), des universités et d’un grand nombre de crèches, encourager le télétravail (en fonction du secteur d’activité et de la profession), aménager les horaires pour les personnes qui doivent se rendre sur le lieu de travail, fermeture des grands magasins et d’une majorité de commerces de détails, des salles de sport, des établissements de karaoké, des bars, des salles de concert et des établissements dédiés à l’événementiel, des musées, etc. Peuvent rester ouverts les supermarchés et certains home centers, les convenience stores, les coiffeurs, les pressings, une partie des commerces de proximité et des restaurants (seulement jusqu’à 20 h), les drugstores, les banques et organismes financiers.
La gouverneur de Tokyo, Koike Yuriko, met en place un fond d’aide spéciale dédié aux PME qui suivent les mesures d’état d’urgence : 500 000 yens pour un commerce et 1 million de yens pour les entreprises qui gèrent plus de deux commerces. Dans ce contexte, nombreux acteurs économiques et sociaux font preuve d’ingéniosité sociale pour diminuer, autant que faire se peut, les conséquences socioéconomiques de la crise sanitaire tout en respectant les mesures d’état d’urgence (par exemple la flexibilité dont font preuve certains commerces pour s’adapter aux recommandations gouvernementales tout en continuant leur activité comme la vente à emporter – soutenue par le gouvernement via des primes –, l’organisation d’événements virtuels entre autres).

Un grand plan de mesures économiques d’urgence est mis en place pour soutenir l’économie et la vie quotidienne des ménages impactés par la crise du Covid-19. Ce grand plan vient compléter trois plans de soutien à l’économie face au Covid-19 déployés les 14 février,  10 mars et 18 mars (voir par exemple : https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/2020/03/23/point-de-situation-du-covid-19-au-23-03-20-japon). Le
26 mars, un second budget est débloqué suite à la téléconférence qui réunit les dirigeants du G20 pour la mise en œuvre d’une coopération économique internationale dans le contexte de crise sanitaire liée au Covid-19. Enfin, le 7 avril le grand plan de mesures économiques d’urgence est appliqué grâce au budget spécial qui permet l’application de mesures d’urgence de court et moyen terme, intégrées au programme économique de long terme poursuivi par le gouvernement d’Abe Shinzō 
(https://www5.cao.go.jp/keizai1/keizaitaisaku/keizaitaisaku.html).
Ce plan de soutien comprend deux phases: 

  1. La phase de soutien d’urgence qui consiste en plusieurs mesures de soutien économique et financier ciblées vers les entreprises, les emplois et les ménages impactés par la crise sanitaire, vers le système de santé (structures hospitalières), le développement de traitements médicaux et la recherche avancée de vaccin. Le soutien à l’emploi et aux ménages repose sur des primes et un accès au crédit à taux d’intérêt zéro, sans garantie pour les PME.
  2. La phase de reprise économique qui consiste en une politique tournée vers la demande pour relancer les secteurs d’activité impactés par la crise sanitaire (tourisme, restauration, services, etc.) et parallèlement une politique de l’offre dans le cadre du projet de numérisation de l’économie.

Le 15 avril, dans la continuité des débats politiques portant sur le montant de la prime versée aux ménages impactés par la crise sanitaire actuelle, les conditions et les délais de son octroi, M. Yamaguchi, représentant du parti Komeitō, a proposé au gouvernement que soit versée rapidement une prime de 100 000 yens à l’ensemble des citoyens sans condition de salaire10. Le gouvernement avait initialement proposé le versement d’une prime de 300 000 yens pour les ménages impactés économiquement par la crise sanitaire mais les délais d’exécution jugés trop longs et les inégalités engendrées par les conditions d’octroi ont fait l’objet de vives critiques par les partis d’opposition.

Le gouvernement prévoit d'appliquer différentes mesures économiques pour enrayer les conséquences socioéconomiques de la crise sanitaire sur les ménages et les entreprises. Ces mesures font néanmoins l’objet de nombreux débats politiques, notamment sur les questions relatives aux conditions d’octroi de ces aides financières et à l’efficacité des procédures à mettre en place.
Selon l’ONG POSSE, mobilisée pour les droits et les conditions de travail des travailleurs étrangers au Japon, parmi les personnes qui ont contacté l’ONG depuis mars, 90 % sont contractuels (travailleurs irréguliers [hiseiki], free-lance, travailleurs indépendants [kojin jigyō nushi]). Dans une majorité des cas, ces travailleurs ne bénéficient pas de l’assurance chômage11. La décision d’inclure les travailleurs étrangers parmi les récipiendaires des primes versées aux ménages fait l’objet d’un examen au sein du gouvernement12. En effet, les travailleurs étrangers les plus précaires, notamment les contrats de court terme et les embauches de moins d’un an, ne bénéficient pas des prestations sociales malgré l’incertitude économique de leur situation exacerbée par la crise sanitaire. Cette situation rappelle les conséquences socioéconomiques engendrées par la crise financière de 2008. La question de savoir dans quelle mesure l’expérience de la dernière crise économique et sociale permettrait aux autorités d’une part, et à la société civile (ONG, associations) d’autre part, d’anticiper les conséquences de cette crise sanitaire en déployant des filets de sécurité est posée (crainte de voir ressurgir les prêteurs d’argent usuriers).

Le 16 avril, le gouvernement déclare l’état d’urgence pour l’ensemble des départements du Japon jusqu’au 6 mai. Six régions (Hokkaidō, Ibaraki, Ishikawa, Gifu, Aichi, Kyoto) font l’objet d’une vigilance renforcée. L’objectif principal est de restreindre les déplacements inter-régionaux à l’approche du grand pont de la fin avril-début mai (la Golden week). Cette décision contraste avec le manque d’anticipation du gouvernement central durant la période qui a précédé le pont de l’équinoxe de printemps (21-23 mars) pendant lequel l’afflux de visiteurs dans les lieux publics, les restaurants et les bars au moment de la floraison des cerisiers a entraîné une propagation du virus selon l’équipe de recherche épidémiologique (taisaku team)13.
Le versement d’une prime de 100 000 yens à l’ensemble des citoyens fait l’objet d’un nouvel examen budgétaire et suscite de nombreux débats relatifs notamment aux délais d’application de cette mesure et à sa dimension égalitaire. 

Le 23 avril, le comité consultatif des experts publie son onzième rapport. Le comité fait un point sur l’évolution de la situation suite à la déclaration d’état d’urgence du 7 avril dans les sept préfectures de Tokyo, Saitama, Chiba, Kanagawa, Osaka, Hyōgo, Fukuoka. Bien qu’on observe des irrégularités en fonction des jours, le nombre de nouveaux cas atteint 455 ; le 20 avril 10 200 cas sont recensés. L’augmentation est notable dans les préfectures qui sont sous haute vigilance : Tokyo (2 984 cas) et Osaka (1 162 cas), dans 80 % des cas, les voies de contamination ne sont pas identifiées. Le nombre de cas importés a nettement diminué entre le 22 mars (40 % des cas) et le 20 avril (0,65 % des cas). Bien que le nombre de décès (244, le 21 avril) soit faible en comparaison internationale, ce chiffre risque d’augmenter.

Les nouvelles mesures sont renforcées autour des deux piliers de la gestion de crise sanitaire :

  1. la responsabilité civique via un changement du comportement des citoyens ;
  2. le soutien au système de santé et aux organismes médicaux.

Les mesures de distanciation sociale font l’objet d’une communication pédagogique davantage ciblée via la publication des « 10 mesures à suivre pour réduire de 80 % ses interactions sociales et suivre les demandes de confinement volontaire ». 
D’après les données communiquées par NTT Docomo,  Soft Bank, et Google Community mobility report, bien que la fréquentation autour des grandes gares a nettement diminuée depuis la déclaration d’état d’urgence sanitaire, elle n’a pas encore atteint l’objectif de baisse de 80 %. 
Le télétravail est de nouveau vivement recommandé et fait l’objet notamment de subvention versée par la Métropole de Tokyo pour les PME et les TPE dans la limite d’un plafond fixé à 2,5 millions de yens spécifiquement dédié au financement des frais suivant : l’achat, l’installation et la maintenance des équipements nécessaires au télétravail, le leasing des équipements, les droits d’utilisation d’un service cloud (selon la lettre d’information publiée par TMI Associates).
La fréquentation des lieux publics comme les parcs ainsi que les quartiers commerçants (shōtengai) fait l’objet d’une plus grande vigilance (éviter les horaires d’affluence, éviter de sortir à plusieurs, préférer les parcs peu fréquentés, etc.).
Dans la continuité de la déclaration d’état d’urgence sanitaire à l’ensemble du pays le 16 avril, le renforcement des mesures de distanciation sociale a également pour but de restreindre les déplacements inter-régionaux à l’approche du grand pont de la fin avril-début mai (la Golden week).

Face à l’augmentation du nombre des cas, les organismes médicaux sont sous pression. Dans la continuité des mesures sanitaires adoptées, les cas asymptomatiques et les cas dont les symptômes sont considérés comme légers sont soignés de chez eux (confinement total pendant deux semaines) ou pris en charge dans des hôtels pendant deux semaines. L’augmentation du nombre de cas dans certaines régions jusqu’alors faiblement contaminées fait craindre une déstabilisation des organismes de santé locaux. En outre plusieurs organismes médicaux manquent de masques chirurgicaux. Le manque de personnel compétent pour faire face à l’augmentation des demandes de dépistage est également souligné.
Les nouvelles mesures sont donc tournées vers le soutien des centres de santé (hokenjō) et des capacités de dépistage pour lesquelles les gouvernements locaux sont davantage mobilisés. 
Le 6 mai le comité des experts rendra une analyse sur les résultats de la politique de gestion de crise conduite depuis l’état d’urgence.

Le 24 avril, en réponse à une hausse des décès de malades dont les symptômes étaient diagnostiqués faibles et contrairement à ce qui avait été annoncé le 23 avril, le gouvernement a modifié les conditions de prise en charge de ces malades qui n’étaient pas hospitalisés. Ils seront désormais pris en charge dans les structures hôtelières dédiées lorsque ces infrastructures sont disponibles. S’ils sont pris en charge à domicile, ils bénéficieront d’un suivi et d’un encadrement quotidien à distance dans le but de permettre au personnel hospitalier d’intervenir rapidement en cas de dégradation de leur état de santé14. L’encadrement et le suivi de ces malades sont donc renforcés.
Lors de la 31ème réunion du « Siège » pour les mesures de lutte contre la propagation du Covid-19, et en réponse au 11ème rapport publié par le comité consultatif, le gouvernement a annoncé une augmentation du nombre de masques pour les organismes médiaux (voir le compte rendu de la 31ème réunion dans la rubrique « publications officielles »). Des mesures de protection de l’enfance et d’aide aux victimes de violences domestiques sont déployées au niveau local en coordination avec les autorités centrales et le ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales.

Le 27 avril, le gouvernement soumet à l’Assemblé nationale (la Diète) le nouveau budget révisé dans le cadre de la politique économique d’urgence mise en œuvre dans le contexte de la crise sanitaire actuelle. Le nouveau budget total s’élève à 1 170 milliards de yens. La politique économique d’urgence déployée par le gouvernement vise à soutenir les ménages japonais par le versement d’une prime de 100 000 yens sans conditions de salaire. Les délais de versement de cette prime font l’objet de vive réflexion pour qu’elle soit versée le plus rapidement possible. Les PME, TPE, travailleurs indépendants font l’objet d’un renforcement des mesures de soutien économique. Une partie du nouveau budget est également consacrée au soutien financier du système de santé, des organismes médicaux et des traitements médicaux. Enfin, une partie de la révision du budget est consacrée à la reprise économique post-crise sanitaire pour stimuler la demande dans les secteurs des services et du tourisme fortement impactés.

Le gouverneur de la Banque du Japon, M. Kuroda a annoncé lors de la réunion de la Banque centrale japonaise, que le rachat des obligations d’État et l’assouplissement de la réglementation financière faisaient l’objet d’un examen approfondi. 
Suite à cette réunion, la Banque du Japon a déclaré s’engager à tripler le montant des achats d’obligations d’entreprises et de billets de trésorerie (commercial paper) à hauteur de 20 000 milliards de yens. Elle procède également au rachat d’obligations d’État sans limite.
Dans la continuité de la politique mise en œuvre depuis le mois de mars pour soutenir les PME, et les ETI, les organismes financiers et bancaires ont assoupli les conditions de prêts (taux d’intérêt zéro, ou taux d’intérêt bas, prêts sans garantie, allongement des échéances de remboursement, etc.). 
La BOJ soutient également les organismes financiers pourvoyeurs de crédits immobiliers pour maintenir l’offre de crédit aux ménages. 
Les mesures de déréglementation financière seront appliquées dès le 1er mai15.

Le 1er mai : La prolongation de l’état d’urgence, initialement prévue jusqu’au 7 mai, est soumise au débat parlementaire de la Chambre des représentants. Le renforcement consécutif des politiques économiques dédiées au soutien de l’ensemble des acteurs économiques qui sont impactés par les restrictions relatives à l’état d’urgence, fait également l’objet de vives discussions. 
Les mesures liées à la prolongation de l’état d’urgence sont présentées lors du 12ème comité consultatif. 
Depuis l’application des mesures d’état d’urgence, le nombre de nouveaux cas de contamination a diminué. Cependant, il est précisé que cette baisse est encore fragile, notamment au regard de la rapidité avec laquelle le nombre de nouveaux cas a augmenté à partir du 20 mars dernier. En outre, le nombre de nouveaux cas n’a pas encore atteint le niveau qui précédait la hausse de la mi-mars. 
Les capacités d’accueil et de soins intensifs pour les patients atteints de symptômes respiratoires aigües posent problème. Les patients étant hospitalisés deux à trois semaines, la baisse du nombre de nouveaux cas n’impacte pas encore la situation très tendue des hôpitaux. Le compte rendu du 12ème comité consultatif précise donc que les restrictions ne pourront être levées tant que le nombre de nouveaux cas contaminés n’atteint pas un certain niveau (encore à définir). 

Le comité consultatif préconise le maintien de l’état d’urgence pour les régions dont le taux de contamination reste élevé, de crainte qu’une nouvelle hausse des cas entraîne un engorgement des hôpitaux. Les régions dont le taux de contamination est considéré sous contrôle pourront appliquer progressivement des mesures de sortie de l’état d’urgence. 
Le premier pilier de la gestion de crise – l’identification des clusters – fut suspendu en raison de l’augmentation rapide des nouveaux cas dont les voies de transmission n’étaient plus identifiables. Néanmoins la baisse du nombre de nouveaux cas permet d’activer de nouveau ce pilier. Dans cet objectif, des mesures sont prises pour assurer l’efficacité et la capacité des analyses épidémiologiques. Le soutien accru au centre de santé, la formation de personnes compétentes et la mise à disposition de moyens pour identifier les personnes relationnelles et retracer les personnes-contact (comme des applications pour smart phone) font l’objet de nouvelles mesures.
Un programme de mesures spéciales vise à entretenir la responsabilité civique des citoyens en présentant les logiques comportementales à suivre. L’engorgement des hôpitaux est sous surveillance renforcée. Pour prévenir cet engorgement, les capacités de tests sont augmentées, les recherches de vaccin et de traitement sont soutenues par le gouvernement. Enfin, l’impact social et économique de la crise sanitaire fait l’objet de considérations urgentes par le gouvernement qui envisage une nouvelle révision du budget. 
À partir du 1er mai, les prêts spéciaux à taux d’intérêt zéro et sans garantie sont proposés par les organismes financiers et les banques à destination des PME et des entrepreneurs individuels. Le montant est limité à 3 millions de yens et la période est de trois ans.

Le 2 mai, le gouverneur d’Osaka déclare suite à la réunion du comité décisionnel pour les mesures de lutte contre la propagation du Covid-19, qu’il décidera le 15 mai s’il applique ou non les premières mesures de sortie de l’état d’urgence, en fonction d’une grille de critères strictes. Cette grille repose sur plusieurs critères relatifs au taux d’augmentation des nouvelles contaminations, aux cas dont les voies de transmission ne sont pas identifiées, au taux d’occupation des hôpitaux. La position du gouverneur est très claire – la poursuite de l’état d’urgence jusqu’à l’obtention de l’éradication totale du nombre de nouveaux contaminés conduira à une crise économique sans précédent – il importe donc de décider d’une stratégie de sortie de l’état d’urgence qui repose sur la coopération des citoyens16. Le gouverneur d’Osaka envisage donc d’activer à un degré avancé et sur le long terme le pilier de la responsabilité civique.

Le 3 mai, la révision de la Constitution fait l’objet de vifs débats entre le gouvernement et l’opposition qui considère que l’agenda du Premier ministre est décalé par rapport au contexte de crise sanitaire qui nécessite une prise en charge urgente des questions économiques et sociales. Le Premier ministre Abe et le PLD ont notamment évoqué la question du renforcement des restrictions individuelles pendant l’état d’urgence, à laquelle s’oppose l’opposition. Le Parti communiste dénonce la mauvaise gestion du gouvernement en insistant sur la coordination nécessaire entre les demandes de restriction du gouvernement et le déploiement de mesures de compensation économique17.

Le 4 mai, lors de la 33ème réunion du siège pour les mesures de lutte contre la propagation du Covid-19 et en prenant en considération le compte rendu du 12ème comité consultatif, le gouvernement annonce la prolongation de l’état d’urgence jusqu’au 31 mai. Il envisage néanmoins l’application de mesures d’assouplissement pour certaines régions en fonction de critères strictes. En effet, selon les chiffres officiels publiés le 2 mai, on recense 14 677 cas et 492 décès. Jusqu’au 1er mai, 61 % des nouveaux cas ont des voies de contamination non identifiées. Au regard de la faible capacité des tests de dépistage déployée en comparaison internationale et du manque de certitude quant au nombre réel de contaminés, la baisse du nombre de cas positifs testés et l’augmentation parallèle des capacités de test confirme néanmoins que les nouvelles contaminations sont en baisse. Les restrictions demandées par le gouvernement à l’ensemble des citoyens sont de nouveau expliquées. Un récapitulatif de l’ensemble des aides financières déployées par l’Etat pour les ménages et les entreprises est publié sur le site internet de tous les ministères. 

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